Bien rentrée...
Bien arrivée. Trois semaine pour m'en rendre compte... (note de l'auteur : ce message a été écrit dans l'avion du retour... il m'aura juste fallu trois semaines pour trouver le quart d'heure nécessaire à le poster... je vous l'avais dit que ce ne serait pas simple...).
Bon, je triche... je
vous écris ce billet de l'avion... donc je ne suis pas encore bien
arrivée... mais s'il se retrouve publié, c'est parce que je suis
bien arrivée. Logique, non ?
Mardi soir, je suis
allée manger mon dernier burger au Bonnet d'âne, et j'étais bien
triste à l'idée de partir... ma copine Sylvie aussi d'ailleurs.
Mais elle a partagé avec moi cette pensée profonde : "tu pars
au meilleur moment... au moment ou tu ne t'ennuies pas. Pourquoi
attendre de ne plus aimer un endroit pour en partir ? Là, au moins,
tu aimes, et tu as le goût de revenir". Que du bon sens
n'est-ce pas ?
Les derniers jours à
Québec étaient vraiment supers : météo magnifique, premiers
flocons de neige, apparition des décorations de Noël... je suis
vraiment déçue de partir à ce moment là... mais bon, c'est pas
comme si j'avais le choix... mais en même temps, je ne suis pas
"triste" (sauf de quitter mes amis d'ici). Je n'ai pas
vraiment envie de revenir à Lyon, soyons honnêtes les uns envers
les autres, mais je suis quand même contente à l'idée de vous
revoir (voyez comme je suis diplomate), et je suis surtout très très
très très très contente des 4 mois que j'ai vécus ici, et rien ne
peut ternir ça (et puis bon, je sais que je vais revenir... au moins
pour signer l'acte de vente de la maison du lac... un jour).
Quant au voyage : un
périple, comme d'habitude... mais un périple pris avec le sourire.
J'ai quitté Québec vendredi matin (6h) pour me rendre à Montréal
afin de faire mes 4 envolées à Skyventure (ah, vous ne savez pas ce
que c'est... c'est normal, c'est encore à cause du fait que je
m'obstine à publier les messages dans le désordre... donc
Skyventure, c'est à Montréal, et c'est un endroit dans lequel on
peut se jeter dans une soufflerie (un tunnel de vent) pour "simuler
la chute libre"... et c'est trop bien. Bref.). Je suis partie à
l'aube, après avoir galéré pour fermer ma toute nouvelle valise
(de la MEC). J'ai ensuite monté la côte sous la neige en traînant
péniblement la dite valise (mais j'étais contente, parce qu'il y
avait de la neige)... co-voiturage avec des gens super sympas...
arrivée à Montréal sous le ciel bleu... réunion de travail (quand
même, il faut joindre l'utile à l'agréable) dans une crêperie...
tempête de neige (miniature... juste pour vérifier que tout est en
place pour la vraie) ... Skyventure... soirée en famille...
sushis... boulot... aéroport. J'ai tellement de maîtrise de mon
badge zen que je suis passée immédiatement au dépose bagage,
sachant que ma valise dépassait largement la limite autorisée.
Moi : bonjour, je
sais que je dépasse la limite, je suis prête à payer la taxe.
Madame la gentille :
je vois que vous avez deux sacs à dos (note : que j'avais "jumelés"
pour que ça ne fasse pas 2 bagages à main) en bagage à main. Vous
pourriez en utiliser un pour décharger l’excédent de poids de
votre valise et ne pas payer la taxe, car vous avez le droit à deux
bagages à main.
Moi : certes, mais
le second sac à dos dépasse la limite de taille autorisée si je le
charge.
La madame : oh, vous
savez, tout le monde outrepasse les règles... pourquoi pas vous.
Moi : pour être
l'exception madame.
La madame, avec un
grand sourire : ah... c'est bien ! Mais, vous savez, vous ne
dépasseriez que de peu et cela vous éviterait de payer la taxe.
Moi : oui, mais il
faudrait que je ré-organise ma valise, ce qui va prendre du temps et
faire attendre les gens... J'étais préparée à l'idée de payer la
taxe, donc faisons comme cela...
La madame : comme
vous voulez. C'est gentil de vous préoccuper de cela.
Moi : oui, c'est
décidé. Tant que vous m'assurez que je peux conserver mon hublot,
je suis prête à payer tout ce que vous voulez.
La madame : tic tic
tic (bruits de clavier) tic tic tic... voilà votre carte
d'embarquement.
Moi : merci. Où
dois-je me rendre pour payer la taxe ?
La madame : quelle
taxe ?
Moi, et mon sourire
entendu : bonne journée, à la prochaine !
Pour fêter ça,
dans l'aéroport, je me suis offert mon cadeau de Noël : la paire
d'écouteurs la plus incroyable du monde, avec réducteur de bruit.
Il y a un petit boîtier, un petit bouton... et, quand on appuie sur
le petit bouton du petit boîtier, tout à coup, on n'entend plus
rien... mais alors rien de rien... comme si on était sourd je
suppose. Je n'ai jamais passé un aussi bon vol de ma vie.
Le reste n'est que
de l'histoire classique...
Allez, je profite de
ce message pour publier /enfin/ un texte que je prépare depuis des
semaines... et que je n'avais jamais pris le temps de finir. Et pour
le reste, tout ce que je n'ai pas publié au fil de l'eau, ça
viendra quand je trouverai le temps... alors restez fidèles.
===== Considérations
linguistiques =====
Je sais que j'ai
déjà abordé la question de la langue dans des messages précédents,
mais comme d'une part j'en ai longuement reparlé avec des collègues
à Chicoutimi, et que d'autre part, j'ai envie, je vais
vous en
reparler.
On entend souvent
dire que les canadiens francophones sont meilleures défenseurs de la
langue française que nous, mais nous je dois que c'est une question
de point de vue.
Certes, nous
empruntons librement tout un tas de termes à l'anglais sans même se
donner la peine de les traduire, et en les prononçant "à la
française" comme aller faire du shopping ou du jogging (ou les
deux d'ailleurs) après avoir garé notre voiture au parking, quand
les québécois disent magasiner ou courir (quelle drôle d'idée)
après avoir parqué leur char... Certes, nous écrivons "STOP"
et pas "ARRÊT" sur nos panneaux rouges... Certes.
Mais les québécois
ont leurs défauts aussi, et ils ne s'en rendent même pas compte (en
général). Je pense qu'à trop vivre près des états-uniens, et à
trop utiliser leurs produits, ils ne réalisent pas la quantité
incroyable de termes qu'ils empruntent à l'anglais. Le pire dans
l'histoire, c'est qu'ils en oublient complètement que ce sont des
termes "volés à l'anglais" et, quand on le leur fait
remarquer (j'ai essayé), ils tombent des nues. Nous, au moins, avec
notre accent pourri et nos -ing, on assume notre plagiarisme.
Je vous ai déjà
parlé des rencontres que l'on cédule (je viens d'apprendre que ça
s'écrivait ainsi) et que l'on cancèle... (les rendez-vous que l'on
programme et que l'on annule). Je serais curieuse de savoir si ces
mots sont dans un quelconque dictionnaire (dictionnaire du parlé
Québécois exclu, on s'entend). Des mots empruntés à l'anglais
comme ceux là, il y en a plein d'autres : parquer le char (garer la
voiture), la maison de pool (la pool house comme on dit si bien chez
nous), bréquer (freiner), c'est cute (c'est mignon), la tune et le
band (la chanson et le groupe), les blindes (les rideaux), avoir un
appointement (avoir un rendez-vous), manger des bean (des haricots),
la job (le travail), starter la vue (démarrer le film), partir les
pâtes (démarrer la cuisson des pâtes) et mon préféré : le
beurre de peanut (bah oui, le beurre de cacahuètes) !
Ce qui est drôle
également, ce sont les expressions qui sont des traduction
littérales d'expressions anglaises, la plus connue étant, selon moi
: ça fait point d'bon sens (it makes no sense). Mais je peux vous en
donner d'autres comme : "ça va t'illuminer", "c'est
wise", "laisse moi savoir", "ça regarde bien"
ou encore, ma préférée aussi, "y'a pas de trouble" ! Pas
plus tard que la semaine dernière, j'ai enfin réalisé que
"regarde" n'était autre qu'une pâle copie du "look"
que les américains anglophones utilisent à toutes les sauces comme
interjection et qui est en fait utilisé de la même façon par les
canadiens francophones.
J'ai eu pas mal de
discussions avec des gens ici aussi pour savoir pourquoi les
Canadiens francophones avaient beaucoup moins de difficulté à
prononcer l'anglais avec un accent correct... C'est sans aucun doute
lié à l'exposition permanente, et ce dès le plus jeune âge, à
l'anglais... mais je me demande aussi à quel point cette exposition
a façonné l'accent d'ici... C'est vrai, après tout : est-ce qu'on
peut imaginer que l'accent Québécois est le résultat d'une
évolution, d'une exposition à l'anglais, ou au contraire, d'une
non-évolution (en d'autres termes, est-ce que les français de la
vieille France parlaient comme ça en 1608 ?) ? Mystère... (en tout
cas pour moi). Cela dit, tant que je suis dans les histoires
d'accent, fait intéressant : saviez-vous que les Québécois nous
envie notre capacité à parler Anglais avec un accent pourri ? Pour
certain d'entre eux, nous faisons preuve d'un courage qu'eux n'ont
pas en assumant le fait que nous prononçons les mots "à notre
manière"... comme quoi... on se fait des idées parfois.
Allez, pour finir,
et pour vous montrer tout mon vocabulaire, je vais vous écrire une
petite histoire en Joual. Le joual, c'est quoi ? C'est le Québécois
de Montréal (exagéré et translittéré). Joual, c'est cheval,
prononcé et écrit à la Québécoise. J'ai appris ça par une
libraire à qui je demandais des éditions de certains livres "en
Québécois" et qui m'a répondu "ah, oui, ça c'est sorti
en Joual" (je croyais que c'était un format d'édition sur le
coup). Je vous conseille vivement :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Joual
===== Petite
histoire (traduction sur demande) =====
Deux chums rentrent
dans un café.
Benoît : Tiens,
installe-toi de l'aut bord, ce s'ra plus facile pour jaser.
Simon : Tu veux tu
dîner ou on s'prend juste une liqueur ?
Benoît : Je pensais
déjeuner, il n'est pas top tard...
La serveuse :
Bonjour, ça va tu bien ? Un déjeuner un dîner ? Qu'est-ce que je
vous sers ?
B : une assiette
déjeuner avec des rôties pain brun.
S : un burger.
J'peux tu remplacer le pâté chinois par une bonne poutine ?
La serveuse : pas de
trouble.
Simon : Bon, alors,
c'est quoi le topic de la rencontre ?
B : J'voulais te
causer car j'ai une idée qui m'a illuminé. Pour faire une histoire
courte : je me partirais bien une petite shoppe de garage avec toi.
Je pourrais m'occuper de faire la technique et toi, tu irais chercher
les clients, ça f'rait mon affaire.
S : Hum, l'idée me
plaît bien, j'embarque.
La serveuse arrive
avec les plats.
La serveuse :
t'aimerais tu ça un peu de poivre sur ton burger ?
S : non, c'est
correct.
S : Bon, revenons-en
à ta shoppe de garage. Si chacun fait sa job, ce sera bien l'fun.
C'est sur que dans les ordinateurs, y'a du bizness à faire... par
contre, il y a de la concurrence. Comment tu penses t'organiser pour
qu'il n'y ait pas de chicane ?
B : Bonne question.
Il faut trouver l'idée originale si on veut s'faire riche.
S : Oui, et il nous
faut aussi une bonne campagne de communication pour pogner les
clients.
B : Je suis nul en
communication, on va s'en voir sur ce plan là. Faque, il faudrait
peut-être penser à embarquer un troisième larron.
La serveuse : Vous
reprendrez un bon café ?
B : Juste un
réchaud.
S : Ce burger est
délicieux, j'capotte.
La serveuse : je
transmets au patron. Si vous avez besoin d'autre chose, laissez-moi
savoir !
S : On pourrait
s'inspirer de ce qu'a fait ta sœur quand elle s'est parti sa boîte
à c'hveux... elle était bien joyeuse.
B : C'est ça. Mais
il faut faire attention à pas faire les mêmes erreurs qu'elle,
parce que depuis qu'elle a grossi son bizness, c'est rendu l'enfer.
Ça me fait un peu tripper de tomber dans le même travers.
S : Comment elle va
ta sœur au fait ? Tu lui feras un bec de ma part...
B : Promis, quand
elle reviendra de vacances. Elle est partie pour la relâche avec son
chum.
S : Ahhhh,
j'aimerais ça moi, aller en vacances.
B : Allez, viens, on
va s'marcher un peu pour en discuter. En plus, j'aime pas la tune qui
passe au poste en ce moment. Ce band a tendance à m'empêcher de
penser. Mets ta tuque, il fait fret là dehors.
S : Comment on sort
d'ici ?
B : Il faut peser
sur le piton pour ouvrir la porte.
S : Il est où
l'piton ?
B : Icite.
S : Bah, j'ai
pressé, mais ça s'rendait pas.
B : Attends,
j'essaie... bah tu vois, ça marche !
S : pfff... c'est
pas d'la game !
D'accord pour les expressions copiées littéralement mais les mots ce n'est pas si sûr : canceller existe dans la langue juridique( latin cancellare: barrer) cédule aussi, parquer = garer depuis 1930. Peut-être lors de l'arrivée des colons ces mots avaient-ils encore un sens plus général. D'autre part les mots anglais provenant pour une grande part du français (bacon, budget, blanket, towel, chair, butler, toast, et un immense etc.) comment savoir d'où les ont pris les Québécois? Cf les livres d'Henriette Walter, "Honni soit qui mal y pense" par exemple.C
RépondreSupprimerTu peux ajouter "tomber en amour", des tuiles (tiles) pour des carreaux de céramique, sabler (to sand) pour passer au papier de verre...
RépondreSupprimerUn jour j'avais entendu un canadien appeler sa petite amie "sa blonde" (même si elle n'avait rien d'une blonde ! lol)
Supprimerben je suis allée sur le blog mais y a rien je suis triste
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