China mon amour !
Non, je plaisante.
Me voici de retour de mon périple en Chine, et le bilan est, comment
dire... mitigé.
Ma première impression de la Chine est étonnamment très similaire à ma
première impression du Vietnam : rues poussiéreuse, véhicules en tous genres,
en particulier les deux roues vraiment dingues, fils électriques qui
s'entrecroisent et pendent dans tous les sens, bords des routes couverts de
déchets... et surtout, surtout, ce curieux sentiment de ne rien comprendre à ce
que l'on me dit... et réciproquement.
Au Vietnam, ma première impression s'est améliorée rapidement. Ici, elle
s'est dégradée rapidement.
Le problème de la Chine (si l'on exclut le temps beaucoup trop chaud et
humide), c'est que c'est plein de Chinois... C'est un peu comme l'Italie en
fait :)
Pour continuer cette histoire, deux options s'offrent à moi : soit je vous
raconte de façon linéaire comment s'est passé mon voyage, soit je vous liste
les faits marquants dans un ordre pas forcément chronologique... J'opte pour le
second. En contrepartie, vous aurez les photos dans un ordre
chronologique.
C'est parti.
1. La conférence.
J'étais en Chine pour assister à IJCAI, la conférence la plus importante
(selon moi) en Intelligence Artificielle. Le contenu scientifique de la
conférence était vraiment génial et passionnant : des robots, des applications
magiques, des voitures qui se conduisent toutes seules, et surtout, un regain
d'intérêt pour la "vraie" IA comme je l'aime moi :)
L'organisation de la conférence, en revanche, était lamentable. Je vous
passe les détails du genre : pas de wifi, pas de prises de courant, pas de
pauses cafés (enfin si, mais elles étaient déjà vides quand on arrivait), pas
d'eau, et surtout, pas de place (alors qu'on était 930 au lieu de 1500
annoncés). Pour vous donner juste un exemple, les "lunchs" étaient
composés d'un sandwich KFC soigneusement (ironie) emballé dans un sac en papier
gras, que l'on venait chercher à même le carton... et c'est tout. Pas d'eau,
pas de légumes, pas de dessert, pas de café. Je trouve ça un peu limite pour
une conférence à 1000€ l'inscription.
2. Les rues de Pékin.
Les rues de Pékin, c'est tout un poème. A ce propos, je remercie ma bonne
étoile de s'être bien occupée de moi pendant ces quelques jours. Je profite
aussi de ce message pour m'excuser auprès des Vietnamiens pour tout le mal que
j'ai dit sur leur façon de conduire. Chers Vietnamiens, vous êtes des anges...
je veux revenir !
Les rues de Pékin sont comme les rues partout ailleurs dans le monde : des
rues, des trottoirs, des feux de signalisation, des flèches et passages piétons
au sol, et même des pistes cyclables quasiment partout. Le problème, c'est
qu'on se demande bien à quoi tout cela sert. S'il y a des règles, il est clair
que personne ne les respecte. N'allez pas croire que si vous êtes devant un
passage piétons, et que le feu de signalisation qui vous concerne est vert,
vous pouvez traverser... Pas du tout. Le passage piéton + le feu vert signifie
seulement "si vous voulez traverser, c'est probablement ici que ce sera le
moins difficile. Bonne chance". La seule règle que j'ai identifiée est la loi
du plus fort : les voitures ne cèdent jamais le passage à qui que ce soit, les
motos et vélos font n'importe quoi y compris rouler à contre sens, et les
piétons se taisent et tentent de survivre.
Il est possible de trouver des plans de Pékin... mais quasiment impossible
de s'en servir : les noms des rues sont écrits en Chinois. Il y a bien la
transcription en Anglais en dessous, mais en police 2pt... autrement dit,
illisible. Par ailleurs, la taille des rues sur le plan n'est pas forcément
proportionnelle à la taille des rues en réalité... et pour finir, toutes les
rues ne sont pas représentées. Autant dire que les plans, c'est très pratique
pour se perdre.
3. Les hôtels.
Dans les hôtels, il est permis de fumer dans les couloirs. Beurk. Le
cendrier entre les ascenseurs, c'est dégoutant, quant à l'odeur, je ne vous dis
pas.
Par ailleurs, ne vous laissez pas avoir, les hôtels
"internationaux" n'ont d'international que leur nom. Si vous trouvez
5% du staff qui parle anglais, c'est bien le maximum. Pour la vie quotidienne,
on survit en faisant des signes et en pointant les objets (il a fallu que je
descende ma boite de mouchoirs vide pour leur expliquer que je voulais qu'ils
la recharge), mais ça devient compliqué au moment où il faut négocier la
facture qui, bien entendu, et deux fois trop élevée la première fois qu'on vous
la présente.
4. Les taxis.
Les chauffeurs de Taxi ne parlent pas anglais et ne lisent pas les noms des
rues en anglais non plus. Par ailleurs, même si vous avez une carte en Chinois
et que vous pointez l'endroit où vous voulez aller, ils refusent. Ils veulent
une adresse précise. Alors il faut trouver qq'un qui parle Anglais et Chinois,
et lui faire écrire en Chinois, sur des petites cartes, toutes les adresses ou
l'on pourrait potentiellement avoir besoin d'aller. En revanche, il faut
reconnaître qu'ils sont très honnêtes. S'ils se perdent, ils arrêtent le
compteur pour ne pas surtaxer.
Petite anecdote sur les chauffeurs de taxis. Un jour, je suis montée dans
un taxi, et le chauffeur était plutôt jeune. Je me suis dit qu'il parlait
peut-être Anglais, donc j'ai essayé d'entamer la conversation. Pas de
réaction. A un moment, à la radio, l'animateur prend la parole et fait une
blague en Anglais. Le chauffeur ri. Je réfléchis quelques secondes, puis lui
dit : mais, vous parlez Anglais ?!?. Il me répond : oui, mais pas avec les
étrangers. Je me demande bien d'où me vient cette idée que certains Chinois
sont racistes. J'ai aussi eu envie de lui demander avec qui il parlait Anglais
du coup.
5. Internet.
Internet, c'est intéressant : ça marche, ça marche pas, ou ça marche mal,
c'est selon. Google est globalement mal vu... Youtube, c'est pire... Facebook
n'est pas un grand copain non plus. Pour les services Google, parfois, ça ne
fonctionne pas du tout et parfois, ça fonctionne, mais on se demande bien qui
est en train de regarder nos mails en même temps que nous. Google Maps a un
comportement encore plus intéressant : on peut s'en servir... mais lorsque l'on
recherche une adresse, on tombe généralement sur un point aléatoire sur la
carte du monde... Ahhhh, c'est beau la liberté et l'ouverture d'internet.
Bon, et à part ça, je n'ai pas fait que râler... j'ai aussi fait du
tourisme. Je n'ai pas eu trop de temps car la conférence était très dense (7
jours pleins, et je n'ai pas séché), le voyage m'a pris un certain temps, et en
plus, je suis tombée malade et j'ai perdu pas mal d'opportunités à cause de
ça.
Je vous donne quelques explications sur ce que j'ai visité ci-dessous, puis
le reste, vous verrez bien dans les photos. J'ai mis des commentaires sur
certaines.
1. Le parc Olympique.
Mon hôtel était au nord du parc Olympique, et le centre de conférence était
au sud ce celui-ci, donc je longeais le parc deux fois par jour. A plusieurs
reprises, je me suis arrêtée pour visiter : le birdnest (le stade olympique),
le watercube (la piscine), la tour des télécommunications, et toutes les choses
sur l'immense esplanade qui sépare tout cela... La fameuse immense esplanade
est dans l'alignement exact de la cité interdite, et, si j'avais eu le courage
de marcher 9km par 38°C et 200% d'humidité, j'aurais pu m'y rendre à
pieds.,
Ah, et la nuit, les gens font voler des cerf-volants tout illuminés... très joli !
2. La grande muraille de Chine.
Ah bah oui hein. On ne va pas en Chine sans faire un tour par la grande
muraille. Non mais. J'y suis donc allée avec un tour organisé (car c'est un peu
loin) qui nous a emmenés : dans un atelier de sculpture sur Jade, dans le parc
des tombes des Ming, à Badalin (un tronçon de la grande muraille), et dans une
maison de thés ou nous avons été initiés à la cérémonie du thé.
Le groupe était sympa (que des gens de la conf). La route, moins. Nous
avons découvert les embouteillages Chinois et avons perdu plus de 3h sur la
route à l'aller... On est rentrés à l'hôtel avec plus de 5h de retard sur le
planning initial. Cause de l'embouteillage : sur une trois voies, un camion
était en panne, alors un de ces copains s'était garé en double file pour
l'aider... il ne restait plus qu'une demi voie. Normal quoi.
Revenons-en à nos moutons. Pour le temple et l'atelier de jade, vous verrez
les commentaires sur les photos. En ce qui concerne la grande muraille, j'étale
un peu ma culture récemment acquise. Dans la province de Beijing, il y a 6
tronçons de la muraille, pour un total de 634km de long. Badalin, une ville à
environ 45km du centre de Pékin, est le
point d'entrée du plus long et du plus "beau" tronçon (parce qu'il a
été restauré).
Arrivés sur place, nous avons eu quartier libre... Nous avions deux options
: à gauche, la voie difficile, et à droite, la voie facile (mais avec une vue
moins jolie selon notre guide). A droite, la muraille était plus chargée qu’une
e autoroute un week-end du 15 août, j'ai donc opté pour la gauche, sans trop me
poser la question de ce que signifiait "difficile". Mes mollets m'en
ont un peu voulu. Le côté difficile est effectivement très difficile :
alternance de pentes très pentues et d'escaliers irréguliers... mais
il est vrai que la vue est très jolie, et que le chemin est moins chargé que de
l'autre côté. La suite dans les photos.
3. La cité interdite.
Le dernier jour, je me suis rendue à la cité interdite, malgré le temps
horrible chaud, humide et pollué. En arrivant sur place, j'ai pris peur vu le
monde... puis j'ai décidé d'y aller quand même... Le reste dans les
photos.
4. Rencontre originale.
Tous les chinois ne sont pas méchants. En sortant de la cité interdite,
j'ai fait une rencontre comme on n'en voit que dans les livres et les films.
Une chinoise m'a abordée en me parlant en Anglais, et nous avons discuté tout
en tentant de nous extirper de la foule qui quittait la cité interdite. Au
début, j'ai pensé qu'elle allait essayer de me vendre une arnaque, alors je faisais
attention à tout... mais non, elle était juste gentille. Au bout d'un moment,
nous nous sommes faites prendre par l'orage et avons décidé d'aller boire un
thé.
Nous sommes entrées dans un salon de thé vraiment typique de la Chine, et
j'ai eu le droit à ma deuxième cérémonie du thé en deux jours, mais celle-ci
était beaucoup mieux que la précédente... J'ai gouté 16 thés différents et nous
avons bien sympathisé... Comme quoi, tous les Chinois ne sont pas méchants :)
Toujours aussi agréable de te lire !
RépondreSupprimerEt tu es loin d'être la seule à avoir cet avis-là sur la Chine...
Des bisous de la dame aux kiwis :-)