Le Japon, un pays de contrastes
(Pour ceux qui ne veulent pas lire, mais juste regarder les images, l'album est là... boisson recommandée : un petit Nikka).
Bon, je sais que je n'ai toujours pas fait le billet sur Chicago... ni fini celui sur San-Francisco, ni commencé celui sur Montréal... Oh, et y'a l'Islande aussi ! Mais que voulez vous, c'est ça d'avoir une vie de ministre [1]. Un jour, peut-être, je rattraperai mon retard... mais pour l'instant, parlons de Tokyo.
Pour mon premier séjour au Japon, accueil sympa par la météo : minimum de 33°C, maximum de 41°C (oui, en centre-ville), et pour couronner le tout : un petit typhon le dernier jour... Mais à part ce petit détail technique, qui, à une heure près, nous aurait cloués au sol, tout s'est bien passé.
Vous vous demandez ce que je fais à Tokyo ? J'y suis pour le travail, avec mon chef. Objectifs : une conférence scientifique et des rendez-vous "business" (parfois, certains mots m'écorchent les doigts, veuillez m'excuser). Bref, j'ai passé le plus clair de mon temps à prendre le métro, ce qui n'est pas une mince affaire, et donc à commuter de 36°C à 20°C (de l'extérieur au métro) et inversement... Cela dit, le métro est plutôt sympa dans ce pays, il fait voir du paysage ! Ce qui n'est pas pour me déplaire.
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Le plan de métro de Tokyo. Vendu avec deux boîtes d'aspirine, de série. |
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| Mais bon, une fois dans le métro, la vue n'est pas désagréable ! |
Ma première impression du Japon (enfin de Tokyo... évitons les généralisations hâtives) : un lieu de contrastes. Le contraste entre la simplicité et la pollution visuelle, le contraste entre l'infini respect des gens et l’exubérance, le contraste entre le soin du détail et le regard fuyant... Le contraste entre des millénaires d'histoire et l'architecture moderne. Bref, l'impression générale : calme, respect, propreté, politesse. C'est un pays ou l'on se sent à la fois en permanent déséquilibre parce qu'il est clair que l'on ne comprend pas tous les codes de base de la communication (et qu'on a l'impression de faire des boulettes toutes les 20 secondes), mais en même temps c'est un pays ou je me suis sentie "bien"... respectée, accueillie, en sécurité, et bienvenue. Le retour en France ce matin, ça a un peu été la douche froide (comme d'habitude en fait, mais en plus intense... parfois, j'ai honte d'être française).
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| Contraste entre tradition et modernité. |
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| Toujours ce contraste... |
Côté cuisine... comment dire. En un mot comme en cent : miam. Au tartare près, je crois bien que je pourrais vivre là-bas... et encore, je crois que le tartare, c'est un faux problème. Si j'en avais vraiment voulu un, je pense que j'aurais trouvé. Pour le côté miam, il faut dire que la semaine était plutôt bien chargée. On a commencé par un bon ramen le premier soir (et fini par ça aussi), on a fait un restaurant de Yakitori le second soir (et promis, le jour ou je retourne au Japon, j'y retourne direct, même s'il est 9h du matin), et le reste de la semaine était à peu près du même niveau. Y'a pas à dire, ils savent cuisiner ces japonais !
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| Yakitori place... Miam. |
Côté tourisme, pas eu le temps de faire grand chose. Petite visite d'un parc pour essayer de trouver un peu de fraîcheur le premier dimanche (échec sur le côté fraîcheur, mais le parc était sympa), balades à Ginza (quartier "chic") puisque c'était le coin de notre hôtel, et visite du musée du cerf-volant le dernier jour. Après le parc le premier jours, nous sommes partis en quête d'un centre commercial... et, chemin faisant, nous nous sommes retrouvés devant "Robot Restaurant" (une sorte de café-théâtre du 21ème siècle, ou le spectacle est assuré par des robots, des automates et autres machines, et animé à grands renforts de musique excessive et de lasers aveuglants), et par la même occasion, dans un des quartiers les plus fous de Tokyo. C'est un peu ce que j'entends par contraste : dans ce quartier, d'un côté des panneaux interdisant l'accès aux jeux aux mineurs, et de l'autre, des filles trop courtement vêtues (lorsqu'elles le sont... je vous passe les détails) qui prennent bien soin de se baisser pour ramasser des objets inexistants. Parfois, je ne comprends pas.
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| Mes yeux... je suis en surcharge visuelle et cognitive ! |
Le musée du cerf-volant, il faut que je vous raconte aussi. Je suis tombée dessus par hasard (ou alors, c'est que l'algo de recommandations des lieux à visiter de Google me connaît VRAIMENT bien). Il était à 20mn de marche de mon hôtel, donc, le dernier jour, plutôt que de m'enfermer 8h dans un café en attendant que la pluie tombe, je suis allée le visiter. Arrivée à l'adresse indiquée : un bâtiment de bureaux, avec un restaurant au rez-de-chaussée, mais pas l'ombre d'un musée du cerf-volant. Et pas d'internet pour chercher plus d'information. Je fais le tour du bloc. Rien. Pas un panneau, pas une ficelle. Je m'équipe de mon plus beau Japonnais, d'un stylo et d'un papier (pour dessiner un cerf-volant), et je demande aux gens dans le restaurant. Ils me prennent pour une folle... y'a pas de musée du cerf-volant dans ce bâtiment. Dépitée, je ressors du restaurant... et là, alors que j'allais partir, j'aperçois sur la façade l'enseigne du musée. Je re-rentre dans le restaurant, j'attrape une gentille cliente qui baragouinait un peu d'anglais par la main, je l’emmène dehors et je lui montre l'enseigne. Soudain, je suis un peu moins folle à ses yeux... On cherche ensemble. On finit par trouver, derrière une pile de caisses, un ascenseur avec un post-it à côté du bouton : kite-museum - 5F. Après avoir longuement remercié la gentille dame selon le protocole en vigueur, je monte dans l'ascenseur, et là, je tombe directement dans le musée, qui occupe tout l'étage. Un vieux monsieur, qui se trouve être le président de la société Japonaise de cerf-volants, m'accueille, me fait payer l'équivalent de 2€ et m'invite à découvrir sa collection de 3000 cerf-volants du monde entier... de toutes les tailles (les plus petits font la taille d'un timbre poste), de toutes les formes, de toutes les couleurs... C'était vraiment super chouette. Vous trouverez quelques photos dans l'album.
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| La petite enseigne qui a sauvé mon samedi ! |
Autre "choc" japonais... qui n'est pas vraiment un choc, mais plutôt une confirmation : les robots. Bon, certes, on y était un peu pour ça... mais quand même... il y a des robots partout. Ce qui m'a le plus marquée, ce n'est pas vraiment la quantité de robots, mais plutôt le "rapport" des gens aux robots, la façon dont ils en parlent, la façon dont ils les traitent, les attentes qu'ils ont par rapport aux machines pour leur quotidien, mais aussi pour le futur. Je savais déjà, "théoriquement", que les japonais étaient "en avance" (si on peut en parler comme ça, ce qui est discutable) sur nous par rapport à l'acceptation des robots dans leur quotidien, mais l'expérimenter comme ça, c'est autre chose... ça fait prendre conscience d'une réalité un peu différente. Je pense que je réfléchis pas mal à la question, mais là, c'est la première fois que j'ai pris conscience d'un autre futur possible... d'un autre point de vue sur les machines, d'une autre approche culturelle de la technologie. Je ne sais pas ce que ça va donner, mais en tout cas, ce que ça m'apporte à moi, c'est du grain à moudre ! Côté robots, j'ai eu la chance de voir (et toucher, et parfois tester) plein de robots légendaires : Asimo (de Honda), Aibo (de Sony), Robohon (de Sharp), Paro, et plein d'autres dont je tairai les noms parce que sinon, couic. Rien que pour ces expériences, c'était vraiment chouette !
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| Donc, dans ce pays, c'est normal de faire le tour d'un musée assis sur un petit robot... C'est dans la culture. |
Côté boulot, pas grand chose à raconter... enfin si, plein... mais ça ne vous passionnerait pas, et puis, y'a plein de choses confidentielles (je le fais bien le teasing, hein ?). Côté conférence, c'était chouette... mais malheureusement, je n'ai pas pû assister à tout. J'ai quand même eu la chance d'assister à la présentation de Rodney Brooks (un très grand nom de la robotique... australien, professeur au MIT, fondateur de iRobot (les robots aspirateurs, vous voyez... les robots les plus vendus au monde quoi), et surtout, passionné de vie artificielle, ce qui était le thème de la conférence, et de son intervention). J'ai même passé un bout de la soirée avec lui. Le lendemain, j'ai pris mon café avec Ishiguro (maman, c'est comme si je m'intéressais à la musique et que je te disais que j'ai pris mon café avec Elton John). Bref, c'était plutôt sympa cette petite conférence. Mais ce que j'ai préféré, c'est que la conférence s'accompagnait d'une exposition d'oeuvres d'art en lien avec la vie artificielle... et il y avait des trucs vraiment sympa ! La gagnante du grand prix du jury est une française vivant à Londres qui fait de la "Tamisologie" : elle explore les bords de la tamise et récupère des "déchets" qui ont entre 0 et 400 ans, puis elle les expose... d'ailleurs, elle cherche des gens qui seraient prêts à collaborer avec elle pour essayer de dater certains matériaux... si vous avez des idées... on a bien sympathisé. Mais moi, mon coup de coeur va au 2ème prix... et aussi à un petit robot qui s'appelle SEER, que je n'ai vu qu'en vidéo, mais que j'aurais tant aimé rapporter dans ma valise...
Voilà, je vous ai raconté l'essentiel. Pour le reste, c'est dans les photos qui sont là. Comme d'habitude, les descriptions sont dans les commentaires.
Suite au prochain épisode. Sans date de publication garantie.
[1] En fait, le problème, c'est pas mon emploi du temps... C'est les photos. De nos jours, c'est vraiment trop facile d'en prendre... et c'est la corvée de les trier... Si seulement quelqu'un pouvait inventer une IA pour faire ça !









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