Promenade dominicale
Récemment,
j'ai reçu de la part de plusieurs personnes vraiment très très
différentes des commentaires vraiment très très gentils qui font
vraiment très très plaisir (pas que sur le blog... par mail aussi... vous avez le droit). On ne dirait pas comme ça, mais ça
fait super plaisir de recevoir des retours comme ça (même quand ce
n'est qu'un mot, et même quand ça précède des critiques du genre
« t'écris pas assez souvent », ou bien « y'a une
faute ligne 12 »). Bref, merci chers lecteurs de me montrer que
vous vous intéressez à ce que j'écris (voire à ma vie) !
Bon, tout ça pour dire que ça m'a motivée à rattraper mon retard
[note d'édition : enfin, j'ai tellement pas le temps en ce
moment que ça va bientôt faire 4 jours que je suis sur ce message].
La
semaine dernière, pour ma promenade dominicale, j'ai laissé mon
genou fou conduire.
Arrivée
en haut de la rue Saint-Jean, je suis tombée sur un panneau "route
barrée - événement". J'aime bien ça à Québec, il y a des
événements tout le temps. Curieuse comme il se doit, je suis allée
voir quel était l'événement en question. Et bien figurez vous que
c'était la messe à Notre-Dame. Bon, ok, pas n'importe quelle messe.
Il s'agissait de la célébration des 350 ans de Notre-Dame, et la
messe était célébrée avec bon nombre d’évêques et
d’archevêques du Canada, et, si j'ai bien compris, un représentant
immédiat du Pape en provenance directe du Vatican (je suis arrivée
au moment où l'orateur disait qu'il était très honoré de le
recevoir). La messe était diffusée sur un écran géant juste sur
le parvis, pour permettre à la 100aine de malheureux qui n'avaient
pas pu rentrer et à la 10aine de touristes survivants à Québec, de
suivre (et si vous avez suivi ma phrase, chapeau).
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| Dimanche après-midi - Messe à Notre-Dame. |
Je
suis restée 5 minutes pour voir, mais comme j'avais raté le début
du film et que je ne reconnaissais pas les acteurs, j'ai décidé de
passer mon chemin (oui, je sais maman, mécréante que je suis). Ce
qui m'a bien fait rire par contre, c'est de voir la poignée de
fidèles tellement soucieux d'être aux premières loges pour voir la
sortie des évêques qu'ils s’agglutinaient aux barrières de
sécurité…
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| Attention, voilà Nadal... euh non, pardon, l'évêque. |
Toujours
à la merci de mon genou, j'ai continué mon chemin parmi la petite
foule, et totalement par hasard, je suis rentrée dans le musée de
l’Amérique francophone. Mon arrivée a été perçue telle un
miracle par la réceptionniste à qui j'ai demandé pourquoi elle
faisait preuve de tant d'enthousiasme à m'accueillir. "Bah
c'est qu'avec leur messe et leur sécurité là, personne ne voit
l'entrée du musée... alors c'est pas que je m'ennuie, mais, faque
j'suis bien contente de vous voir.".
N'ayant
pas le cœur de la décevoir, pauvre réceptionniste désœuvrée,
j'ai discuté avec elle pendant une bonne heure du contenu du musée,
puis, convaincue que je n'allais rien apprendre de plus que ce
qu'elle m'avait dit, mais désireuse de voir quand même, j'ai pris
un ticket (soit dit en passant, elle avait raison sur la
fréquentation : dans le musée, on était 4 : les trois gardes et
moi).
Je
m’acquitte donc de mon entrée, écoute les consignes pour me
rendre à l'entrée des artistes du musée, puis ressort (car oui,
avec leur messe et leur sécurité là, il faut faire tout le tour du
pâté de maison pour entrer dans le musée). Bon, j'ai fait le
chemin trois fois : une fois parce que comme je n'avais pas bien
écouté les consignes et que je n'ai pas trouvé l'entrée, une fois
parce que, en fait, elle m'avait donné mon ticket de caisse mais pas
mon billet, et que je ne pouvais donc pas passer le portillon, et une
dernière fois, parce que non mais, cette fois c'est la bonne.
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| Voyez, j'ai tout de même fini par trouver l'entrée ! |
Le
musée se situe dans les bâtiments du séminaire. Et c'est là que
ça devient intéressant. Observation : j'ai dû passer une bonne
cinquantaine de fois devant ces bâtiments, et je ne m'étais jamais
rendue compte de leur grandeur et de leur importance. Le séminaire
est devenu l'université Laval (du nom de l'archevêque François
Laval, premier archevêque de Québec et missionné pour établir le
système éducatif de la région... ah, je le savais bien ! Il a fait
ça en 1852, ce qui fait de l'université Laval la plus vieille
université francophone d’Amérique. Ça claque non ?) et les
bâtiments ont accueilli l'université jusqu'à très tard, le
déménagement sur le campus de Sainte Foy, ou je travaille, n'étant
que très récent. Il reste encore quelques départements dans les
locaux du centre ville, comme le département d'architecture... La
chance ! Et tant qu'on fait dans le factuel, un petit clin d’œil
à la Véronique qui se reconnaîtra : la majorité des étudiants
sont des étudiantes :).
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| À l'intérieur de la cour dans les bâtiments du séminaire. |
Le
musée en lui même s'organise en 3 étages, avec un thème par
étage. Au rez-de-chaussée se trouve une partie de la prestigieuse
collection d'art du séminaire : tableaux (pas que religieux),
reliques, et autres objets... J'ai parcouru la galerie à l'envers
(oui, en commençant par la fin) au grand dam du gardien qui m'a dit
"mais vous ne pouvez pas faire ça !". Je lui ai demandé
pourquoi, et s'il y avait une histoire cachée dans l'ordre des
tableau. Il m'a répondu que non, alors je lui ai dit que le sens
n'avait du coup pas d'importance. Il a acquiescé, mais je pense
qu'il cherche encore pourquoi diable j'ai voulu parcourir la galerie
à l'envers. Bon, je ne suis pas restée longtemps cela dit. Vous
savez, moi, l'art... ça dépend des jours. J'ai quand même appris
du vocabulaire. Je ne savais pas ce qu'était une pinacothèque… et
je suis tombée en admiration devant ce tableau de Claude Mellan (un Picard !), et
je me suis demandée comment on pouvait avoir l'esprit suffisamment
tordu pour s’adonner à cette forme d'art ultra-contraignante (je
ne parle pas du modèle hein !)… Pour ceux qui veulent en savoir plus, c'est là !
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| Claude Mellan - La Sainte Face. |
Au
première étage, il y a une exposition sur Cartier et Roberval (qui
sont venus avant Champlain, mais qui ne sont pas restés, les
innocents). C'est une exposition vraiment très très bien faite,
entièrement étayée sur des faits déduits des fouilles
archéologiques actuellement en cours sur plusieurs sites le long du
Saint-Laurent (ils sont même allés jusqu'à reproduire un site
archéologique dans le musée, on se met un peu de terre sur les
chaussures et on s'y croirait). C'est très intéressant de voir
pourquoi les 3 expéditions de Cartier ont plus ou moins "échoué",
et de mesurer l'impact des décisions politiques de François 1er à
l'époque... Ce qui m'a également passionnée, et que je n'avais pas
vu jusqu'à maintenant dans mes recherches, c'est le point de vue
français sur les expéditions au Canada : qui était impliqué, qui
décidait de s'engager dans ces expéditions et pourquoi, quelles
étaient les attentes de la population, quel était l'impact
économique pour la France, etc. Vous saviez par exemple que la
plupart des marchandises et des animaux étaient embarqués à Rouen
(par Roberval en tout cas) car c'était le port le plus efficace et
le moins cher pour charger et armer les bateaux d'exploration ? Ah
ah ! Je vous en apprends hein ?
Au
deuxième étage... ahhh... au deuxième étage... il y a la
troisième exposition sur l'immigration au Canada. Il ne me restait
pas beaucoup de temps pour la visiter avant la fermeture du musée,
et j'ai hésité... je me suis dit "non, je n'y vais pas
aujourd'hui, je reviendrai". Et puis, j'y suis allée quand
même, pour voir si ça valait le coup de revenir. L'exposition est
entièrement construite autour de témoignages (audio, vidéo,
hologrammes, objets animés ou inanimés) de Français qui ont
immigré au Québec depuis Champlain jusqu'à nos jours. Non
seulement c'est super bien fait (les animations se déclenchent sur
notre passage et on a vraiment l'impression qu'elles "s'adressent"
à nous) mais en plus, c'est passionnant... Le tout se passe dans un dédale de couloirs tapissés du mot "partir" écrit sous
toutes ses formes, de toutes les tailles et de toutes les couleurs,
avec une petite voix subliminale qui murmure en boucle "parrrtirrrrr,
paaaaarrtir, partir, parrtiiiir". Bref, pas besoin de vous faire
un dessin, ça fait réfléchir. L'expo explique pourquoi les
immigrants ont décidé de partir de la France, en quoi ils voulaient
fuir un vieux pays, ou tout semblait impossible, pour se rendre dans
un nouveau pays plein de promesses, pour recommencer à zéro, pour
fuir une réalité qui leur sortait par les yeux et une politique
économique et sociale qu'ils ne cautionnaient pas, quitte à devoir
abandonner famille et amis, et tout en sachant que ce serait dur, que
le climat ne serait pas favorable, et qu'il faudrait consentir de
nombreux sacrifices. C'est "drôle", mais au détail près
qu'à l'époque, un hectare de terre valait 10 sous, je ne vois
guerre de différence avec la situation d'aujourd'hui. Je vais y
retourner, je vous raconterai.
Une
autre partie de cette exposition est consacrée à la politique
d'immigration du Canada : qu'est-ce que le gouvernement a fait pour
attirer des gens (et lesquels), etc. Et ça, c'est un truc que je ne
comprends pas. Moi, si j'habitais un pays comme ce lui là, je
n'empêcherais pas les gens de venir, m'enfin franchement, je ne
ferais pas d'efforts pour aller les chercher :) Parfois… j'me
d'mande si ça fait du bon sens tout ça.
Bon,
sinon, dans les nouvelles du quotidien. Je commence à comprendre ce
que peut être l'hiver ici. Il faut super beau, mais le froid "sec"
s'installe insidieusement. Je commence à sérieusement cailler sur
mon vélo... Les mains surtout. Cela dit, je vois ça comme une bonne
nouvelle : je ne suis pas suffisamment bien équipée pour les deux
mois à venir, il va donc falloir que j'aille faire un tour à la
MEC, ohhh noooon... Trop dommage :) [Note : pour ceux qui n'ont pas suivi, la MEC, c'est un peu comme le vieux campeur... mais en pire !]
En
parlant de vélo, depuis début août, j'ai trouvé une nouvelle
route pour aller au boulot (96% de piste cyclable, que du bonheur...
bon, et ne dites pas à ma mère que les 4% restants sont à contre
sens sur l'autoroute [note, j'ai l'impression d'avoir déjà fait
cette blague… si c'est le cas, pardonnez-moi]), et tous les jours,
je passe devant un bâtiment et je me dis « tiens, faudrait que
je le prenne en photo pour le mettre sur le blog ». Et bah
voilà, c'est fait.
![]() |
| Sur la route du travail - Toute ressemblance avec un bâtiment connu est je pense purement volontaire ! |
Et
pour finir, j'ai réalisé avec consternation qu'il me reste moins de
2 mois à passer ici, et c'est vraiment vraiment vraiment pas assez
pour faire tout ce que j'ai prévu de faire, alors je vais faire tout
mon possible pour revenir dès que possible... et puis, de toute
façon, je veux absolument expérimenter la vie en hier ici... J'en
parle avec plein de gens, et je suis sure que j'aimerais ça...
M'enfin, c'est important de vérifier non ?
Allez,
bises à ceux qui le méritent... moi, je vais manger un bon burger à
la viande de bison pour fêter ça.
Moi.
P.S : le burger à la viande de bison
était un régal. Et grande nouvelle : j'ai reçu mon nouveau
téléphone, ce qui me vaut de vous faire partager cette réflexion
philosophique ultra-profonde : les téléphones intelligents,
c'est comme le café. On peut tout à fait vivre sans (j'ai testé),
mais la vie est quand même vachement plus fun avec !






Roberval, Rouen et François 1er.
RépondreSupprimerAlors, là, justement, je peux étaler ma science toute neuve car j'ai rédigé un truc ce matin même sur ce sujet.
C'est bien pour ça que François 1er a fait construire le port du Havre (créé de toutes pièces dans les marécages en 1517-18) : pour disposer d'un port toujours disponible (eaux profondes) et plus grand pour recevoir et expédier plus de marchandises (et aussi pour de sordides visées militaires à l'encontre des perfides d'outre manche). La ville s'est développée ensuite autour du port mais rien n'existait avant en aval d'Harfleur.
jcc
tu m'as coupé l'herbe sous le pied dans ton post
RépondreSupprimerMécréante va !