Tranche de vie...

Il y a des jours comme ça où je me maudis.

Aujourd'hui par exemple.

Bon, je vous raconte.

D'abord, un peu de contexte.

Erreur n°1. J'ai décidé de laisser mon téléphone en France en me disant que si je voulais en acheter un autre, je l’achèterais au Canada.

Erreur n°2. J'ai décidé de me mettre au co-voiturage pour économiser des sous et rencontrer des gens sympas (quoique le bus, ça marche aussi pour ça). Mais ça prend un téléphone.

Erreur n°3. J'ai quitté le territoire Canadien, puis je suis revenue, et je n'étais pas concentrée en passant la douane.

Vous vous demandez comment tout cela se mélange et me conduit à me maudire ? Je vous explique dans cette tranche de vie.

Alors, pour ceux qui ne le savent pas, je me suis momentanément absentée du Canada (ce qui explique le silence sur ce blog), et je suis rentrée hier. Après un voyage magnifique (près du hublot, devant l'issue de secours, par un temps magnifique, le long des plus belles merveilles géologiques de l'est du Canada), je n'étais pas très concentrée au moment de passer la douane, et j'ai dit ce qu'il ne fallait pas dire. Dans la conversation, j'ai prononcé le mot "travail". Hop, ni une ni deux, me voici envoyée à l'immigration pour présenter mes "papiers" (note : je n'ai pas de papiers, je ne suis pas là pour le "travail" mais pour un "échange" qui ne nécessite pas de papiers).

J'avais le n°695 à l'immigration. On en était au numéro 640 et les deux employés avaient l'air "peu pressés". Heureusement, j'avais de la lecture et du travail. Heureusement aussi, je n'avais pas prévu de rentrer directement à Québec (bon, le gros avantage, c'est que les 2h30 d'attente à l' immigration, c'est un moyen redoutable de lutter contre le jet lag)...

Deux heures et demi plus tard, me voilà devant un charmant agent de l'immigration à qui j'explique mon cas.

Moi : blablabla.
Lui : effectivement, votre situation ne nécessite pas de papiers, cela dit, comme vous avez tous les documents requis (i.e. la lettre d'invitation que j'avais sur mon ordi), je peux vous faire un permis de travail au titre de la collaboration décrite dans cette lettre, ce qui vous évitera des ennuis si vous quittez à nouveau le territoire pour revenir quelques jours plus tard.
Moi : non merci, je suis bien ici, je n'ai plus l'intention de m'en aller avant d'en être vraiment obligée...
Lui : vous êtes sure ? Ça ne prend que 10$ et 5 minutes.
Moi : sure, mais merci.

Erreur.

Aujourd'hui, je trouve un plan co-voiturage pour rentrer à Québec (car oui, j'ai décidé de passer deux jours à Montréal, mais ça, c'est une autre histoire), mais il me faut un téléphone pour confirmer. C'est parti, je vais acheter un téléphone. En plus, je sais exactement ce que je veux.

J'entre dans le premier magasin que je croise et j'explique mon cas :

Moi : (blabla) il me faut un téléphone et un n° pour 2 mois.
La charmante vendeuse : oui, bien sûr, ça va vous coûter un bras (je résume hein...).
Moi : oui oui, j'étais prévenue, j'ai pris un bras de rechange.

On discute, je choisis mon téléphone, mon forfait, on s'assied, on fait les papiers et là...
Elle : bon, il me faut deux pièces d'identité.
Moi : je n'en ai qu'une.
Elle : ah, bah c'est pas grave, la copie de votre permis de travail ça fera l'affaire.
Moi : .
Moi : ..
Moi : ...
Moi : F*

Bon, long story short (parce que j'ai fait 5 magasins avant de trouver un vendeur qui veuille bien me donner toutes les infos et qui a été jusqu'à employer le mot (si bien choisi) "cartel" pour décrire le marché de la téléphonie mobile dans ce pays, ici, ce n'est pas possible d'acheter un téléphone nu, et ce n'est pas possible non plus d'avoir un téléphone digne de ce nom si on n'a pas de compte en banque au Canada.

Résultat : me voici de retour aux années 90. Shame on me.

Cela dit, j'ai un numéro maintenant, youpi.

Le reste de ma journée, je vous le raconterai plus tard car là, je dois aller prendre le bus pour rentrer à la maison. Bah oui, parce qu'en plus, avec tout ça, j'ai laissé tomber le co-voiturage pour aujourd'hui.

Commentaires

  1. Oui mais alors, comment tu as fait pour avoir un numéro si tu ne peux pas acheter de téléphone parce que tu n'as qu'une pièce d'identité? Soit dit en passant, tu dois en avoir deux: un passeport et une carte, non? Où est ton bagout habituel? Si Mike a réussi à baratiner les douaniers anglais pour quitter la GB avec son seul permis de conduire belge, je m'attends à de plus grandes choses de toi, comme de pénétrer aux USA avec l'enveloppe d'une lettre de ta Maman pour tout papier!

    Ceci dit, merci d'avoir repris le blog sans prendre le temps de souffler, il nous manquait!

    A +

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  2. Je dois avouer que c'est pire que mes démêlés avec les banques françaises...cc

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  3. Ah, Ah, Ah, m'font marrer avec ces soi-disant démêlés. Personne ne peut se plaindre de tracasseries administratives s'il n'a déjà été confronté au Pôle Emploi français ! Moi, je fais partie de ces "anciens combattants" là et je peux dire que même les impôts, à coté c'est de la rigolade !
    jcc

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  4. Alors moi je culpabilise grave, parce que c'est moi qui ai le téléphone :(
    Promis je vais en prendre soin comme la prunelle de mes yeux

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