Lundi 9 décembre

8h. Alors que je suis en train de préparer le café, j'entends du bruit à l'extérieur. Je jette un œil par la fenêtre et je vois 3 individus apparaître derrière un carton plus grands qu'eux. La pompe à chaleur est arrivée ! 


J'ai fait des progrès depuis le début du chantier : cette fois, je suis en tenue (car oui, j'ai oublié de vous dire, alors que tout le village le sait, le deuxième jour des travaux, j'ai accueilli le couvreur en pyjama. Il a mis un petit moment à s'en remettre). 


Nous faisons le tour de la maison pour faire l'inventaire des travaux à faire (il faut modifier tous les radiateurs). Pendant ce temps là, les plaquistes et les couvreurs arrivent et font comme chez eux. Il n'y a pas à dire, depuis que je les ai rendus autonomes et à l'aise sur le sujet de la préparation du café, je gagne un temps fou ! Pendant la visite du chantier chauffage, j'explique à l'équipe que la chaudière gaz est déjà arrêtée. Ils sont étonnés et me demandent pourquoi. Je leur raconte notre chantier de poêle à bois, et la zinguerie de la cheminée qui a été faite en direct. Je leur explique que je ne voyais pas l'intérêt de faire un trou dans une zinguerie toute neuve pour faire passer un conduit d'évacuation d'une chaudière gaz que nous allions de toute façon couper 4 jours plus tard. Ils jugent mon choix audacieux mais pertinent… et surtout, ils sont ravis car cela va leur faire gagner du temps. 


Nous finissons par le jardin. Sur la route, j'annonce au chef de chantier que je ne suis pas très en avance sur la préparation de la zone, mais que ce n'est pas grave, je vais le faire dans la journée. Il me regarde, la mine un peu déconfite, et m'explique que c'est ennuyeux car il va commencer par là. Pas de problème, lui dis-je, dans 20mn, le temps que vous déchargiez votre camion, la zone sera dégagée. Il me regarde, interloqué, puis jette un œil à la pile de déchets / bazar / pavés / jardinières qui est entreposée pile au mauvais endroit, et me dit d'un air malicieux : "attention, mon camion n'est pas si grand que ça". 


J'enfile une paire de gants et commence à déblayer le terrain. Entre temps, le couvreur vient me filer un coup de main pour déplacer la baignoire. 20 minutes plus tard, le terrain est dégagé. Nananère.

Le terrain est prêt à accueillir la pompe à chaleur ! 


Il ne me reste plus qu'à virer 30m² de carrelage. J'ai deux options. Déplacer la pile à un autre endroit du jardin, ou la porter à la déchetterie. Mais ça ne tient pas dans ma remorque, et surtout, j'ai des réunions aujourd'hui ! Je fais les yeux doux au couvreur en lui demandant s'il a son camion benne aujourd'hui. Il me regarde avec un sourire entendu, et me dit qu'il vient de me le garer en face. Il est vraiment adorable. 10 brouettes plus tard, tout le carrelage, et les kilotonnes de colle, sont dans le camion. Je n'ai même pas à demander quoi que ce soit, un des gars du chantier descend du toit et se charge de conduire le camion à la déchetterie. Je le remercie chaleureusement, et là, il me répond "c'est moi qui vous remercie. Parce qu'au moins, dans le camion, y'a du chauffage !". 

Toute notre ancienne cuisine, en quelques piles

La même chose, 10 brouettes plus tard !


Il est déjà 11h40. Je viens annoncer fièrement au chauffagiste que tout le chemin pour le passage des tuyaux est désormais accessible. Lui est en train de faire sa pause car il vient tout juste de finir de caler le coffrage pour la dalle béton qui va recevoir le groupe de la pompe à chaleur. Il est fière de lui. Il a bien galéré pour que ce soit droit. Je le félicite, et je vais bosser. A mi-chemin, je suis percutée de plein fouet par une réalisation : il s'est trompé de sens pour la dalle ! Je redescends les escaliers quatre à quatre, et je l'interromps alors qu'il mélange son béton dans sa poubelle. Je lui explique que le deal, c'était de mettre le bloc parallèle au tas de bois (pour qu'on puisse le cacher) et pas perpendiculaire (ce qui aurait tué mon potager). Il comprend, et, un peu dépité tout de même, il entreprend de presque tout recommencer. 10 minutes plus tard, on aurait été coincées avec un magnifique bloc face au jardin ! 


Je re-repars bosser, non sans faire un détour par le chantier cuisine, parce qu'on ne sait jamais. Mais de ce côté là, tout va bien. Jules, le plaquiste, a bien avancé sur le raillage du plafond. Tellement bien qu'il finit sa journée à midi. Il est coincé, maintenant, il faut faire avancer les autres chantiers. 


Le plafond côté cuisine avance bien !


A midi, je descend partager le café avec tous les ouvriers frigorifiés, et je négocie (c'était pas dur) la mise à disposition de trois radiateurs électriques pour essayer de chauffer certaines pièces de la maison. Le chauffagiste en chef n'est pas là… et ses collègues m'expliquent, un sourire aux lèvres, qu'il est parti protéger la dalle de béton car il semble que les chatons adorent patauger dans le béton frais. Je vais donc l'aider à protéger son ouvrage, et j'en profite pour inspecter les 16 pattes afin de m'assurer que tout va bien. La coupable est rapidement identifiée… sans surprise !

Je la dispute, mais ça ne semble pas la traumatiser !



Le reste de la journée se déroule sans encombres : les couvreurs avancent bien, malgré le froid (ils descendent toutes les heures pour retrouver des couleurs normales, puis retournent bosser. Je les admire. Côté chauffage, mon sous-sol ressemble à l'arrière boutique d'un plombier. Je pourrais passer des heures à regarder les gars souder le cuivre, et je suis presque jalouse de leur collection de boites de raccords cuivres de toutes les tailles et de toutes les formes. 


Mais bon, j'ai autre chose à faire : passer la moitié de l'après-midi à travailler, et l'autre moitié de l'après-midi à passer des appels pour continuer à coordonner le chantier. Il faut surtout arriver à convaincre les électriciens de venir vite pour que le plaquiste puisse avancer ! 


A la fin de la journée, la pompe à chaleur (bloc intérieur) est posée et raccordée au circuit principal de chauffage. La vieille chaudière, quant à elle, trône au bas de l'escalier de la cave. 

Suite au prochain épisode !

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Bien rentrée...

Le chantier de la cheminée - Jour 1

NY - Day 4 - 16km à pied