Ce soir, on sort
En ce moment, c’est l’Art Festival à Auckland. On ne risque pas de s’ennuyer pendant les 15 jours qui viennent.
Hier soir, mon colocataire m’a donné un ticket pour « TheBreath of the Volcano », un spectacle pyrotechnique, son et lumière au
Domaine d’Auckland. C’est pratique d’avoir un coloc qui a des billets gratuits
pour plein de trucs.
Alors ce soir, je suis sortie, une fois n’est pas coutume
(pas de réunion par Skype ? Tiens, j’ai dû oublier quelqu’un).
J’étais toute triste que mes amis soient repartis quelques
heures plus tôt, alors je me suis dit que ça allait me changer les idées. C’était
mieux que ça encore. Je pense que ce spectacle est de loin le plus exceptionnel
que j’ai vu depuis des années, fêtes des lumières inclues. Je pense que
Decouflé peut aller se rhabiller (ou venir prendre des cours) !
La soirée a commencée par une sympathique ascension vers le
domaine, avec la lumière du soleil couchant. Ensuite, pique-nique dans le
domaine (pour ceux qui suivent ce blog, le domaine, c’est là où il y a les
serres magnifiques et le jardin botanique, et aussi le musée d’Auckland, et
aussi les canards, ah, et aussi les oies). Ici, c’est la tradition quand il y a
des spectacles ou des concerts de plein air au domaine : les gens arrivent
deux ou trois heures plus tôt et pique-niquent en famille. Ils sortent la
totale : grande couverture, chaises pliantes, glacières, verres (n’allons
pas jusqu’au cristal, mais pas loin) et champagne. Autant dire que tout le
monde est bien gai au moment où le spectacle commence. L’ambiance est très conviviale.
| Les rosiers de la maison olympique sont de plus en plus beaux |
| Et j'aime toujours autant les petites rues de mon quartier |
| Voilà, j'habite là. J'aime bien me le rappeler de temps en temps |
| Vue sur Rangitoto |
| Et vue sur Auckland |
| Voilà la scène ! Et comme vous pouvez le voir, il y a de l'ambiance !!! |
Avant le spectacle, quelques animations pour commencer :
un brass band sympathique, et les champions nationaux du Haka. On était
nombreux, on était bruyants et distraits, ils étaient loin et sans sono. Ils
ont gagné. Silence. (Non, sans blague, c’est VRAIMENT impressionnant).
Entre temps, la nuit tombe. Le ciel est étonnamment étoilé.
Je m’étais déjà rendue compte que le ciel d’Auckland, pour un ciel de grande
ville, était particulièrement clair… mais là, c’était… magique.
Alors que je me perdais dans les étoiles, le spectacle a
décidé de commencer. Commence alors une succession de tableaux, inspirés des
volcans et de l’histoire de la Nouvelle-Zélande. Ils sont tous plus magnifiques
les uns que les autres. Je n’ai fait ni photo ni film, trop occupée à admirer
la magnificence du spectacle. Je me demande si l’on peut mieux raconter avec
des mots qu’avec des photos. Ce soir, je n'ai pas envie de ressembler à tous ces chinois qui m'entourent et qui voient la vie au travers de l'écran de leur téléphone ou de leur appareil photo, et qui partent dès qu'ils voient Low Batt clignoter dans un coin.
Un feu d’artifice figurant une éruption volcanique ouvre le
bal, pendant que la façade du musée est transformée en sismographe géant (avec
la bande qui se déroule d’une colonne à l’autre du musée). L’aiguille du
sismographe marque les pics des éruptions en parfaite cadence avec les feux et
la musique qui les accompagne. Après un tel démarrage, difficile de croire que
les tableaux suivants puissent faire mieux.
Mais c’est à ce moment que fait leur entrée sur la pelouse
du domaine des « acteurs » vêtus de costumes de lumières. Ils
s’allument les uns après les autres et resteront sur le devant de la scène
naturelle jusqu’à la fin du spectacle. Tantôt oiseaux, tantôt Maoris, tantôt
Pakeas, tantôt Kiwis, leurs costumes les transforment à mesure que le spectacle
avance, et eux évolue magiquement.
Une deuxième série de feux s’engage, et, pendant ce temps-là,
un homme de lumière commence à marcher sur la corniche du musée, pendant que la
façade est transformée en océan par les projections. Alors que notre attention
est captée par les hommes de lumière au sol, l’homme de la corniche s’élance
dans les airs et se transforme en oiseau de feu (si si… c’était splendide). En
touchant le sol, il déclenche un ballet de feu. Des lance-flammes disposés dans
le sol crachent des gerbes de feu à la verticale, en parfaite synchronisation
avec la musique totalement incroyable. Tout cela commence doucement, puis s’emballe
pour atteindre un rythme presque inimaginable. On ne sait plus si c’est la
musique qui contrôle le ballet de feu, ou si c’est l’inverse. C’est splendide.
Même pas le temps de respirer. Un nouveau feu d’artifice se déclenche.
La musique est sublime, les fusées sont parfaitement synchronisées. L’ensemble
monte en puissance. Pour ceux qui connaissent, on en est à la minute 12 :43
de la partie I du Köln Concert de Keith Jarret… et comme dans cette pièce de
musique, ça ne s’arrête pas là. Je me dis que c’est un final qui n’en finit
pas. Mais tout cela est très
normal car… ce n’est pas le final.
Le spectacle reprend de plus belle. Des grenouilles font
leur apparition sur la façade du musée, qui s’est habillé d’un arc-en-ciel.
Elles s’en approchent et le font exploser (je n’ai pas compris l’image, mais
tout le monde à bien ri à l’apparition des trois grenouilles). L’explosion
déclenche un nouveau feu d’artifice. Pourquoi personne n’y a pensé plus tôt ?
Il n’y a rien de plus beau qu’un feu d’artifice arc-en-ciel. Le spectacle est
tellement bien calé qu’ils arrivent à « colorier » la façade du musée
avec la fumée des feux combinée à des projections bien pensées. Incroyable.
Pendant ce temps-là, les hommes de lumière continuent d’animer
la pelouse devant la façade du musée, les jeux de lumière paraissent bien
simples quand tout à coup, ils sortent de nulle part des canons à étincelles et
qu’ils se mettent à étinceler de toutes parts.
La pluie vient mettre fin à tout cela. Saviez-vous que l’on
peut simuler un orage et le bruit de la pluie rien qu’avec des feux d’artifices ?
Mais si, mais si.
Le final est au-delà de mes espérances, qui ont n’ont
pourtant cessé d’augmenter au fur et à mesure du spectacle. La montée en puissance
de la musique et celle des feux semblent ne jamais vouloir s’arrêter. Et
pourtant…
Et tout ça, c’est fait par des français… Groupe F est leur
petit nom. C’est quand même un comble non ? Aller à Auckland pour voir un
truc fait par des français !
| Petite photo du musée, éclairé pour l'occasion, volée sur le chemin du retour |
mine de rien on a beau dire, la France, La France, mais c'est quand même des français qui ont fait le feu d'artifesses
RépondreSupprimerAlors voyons ce qui est bien chez nous au lieu de toujours râler que diable
Mouman