Échauffement

En prévision de mes prochaines vacances, j’ai fait une petite séance d’échauffement ces trois derniers jours… Il me semblait en effet important de ne rien laisser au hasard pour la suite. Bien m’en a pris : j’ai appris plein de choses ! Comment choisir un hébergement ? Comment avoir des réductions pour à peu près tout et n’importe quoi ? Quel matériel emporter (j’avais oublié mon stylo, ça m’a cruellement manqué) ? A qui faire confiance et ne pas faire confiance en ce qui concerne les recommandations pour les choses à faire ? Où trouver les réseaux wifi fiables, etc.

En route pour l’échauffement. 

Jeudi matin, après une réunion qui a duré un tout petit peu plus longtemps que prévu, j’ai piqué un sprint (oui, moi), pour attraper mon bus. Ici, en Nouvelle-Zélande, il y a une chose que j’apprécie beaucoup, c’est la ponctualité (pas que pour les bus). Si le bus doit partir à 8h, à 7h55 tout le monde est dedans, à 7h58, le chauffeur est assis à sa place, à 7h59, il met le contact et à 7h59 et 59secondes, il démarre (pour être sûr d’être en mouvement à 8h00). A 8h01, les français courent derrière. J’aime. J’y pense à chaque fois que j’attends 10mn que mes réunions skype avec la France démarrent.

Pendant les 4 heures de trajet, j’ai à peine levé la tête des papiers que j’avais à lire. Lorsque j’ai enfin levé le nez, ce fut pour constater un spectacle pour le moins étonnant : la terre « fumait » tout autour de nous. Les connaisseurs (et les personnes dans la confidence) l’auront maintenant compris, je suis allée à Rotorua, une ville située à 4h au sud d’Auckland et présentant une forte activité géothermale.

Du bus, le spectacle était vraiment impressionnant : cette impression curieuse que la terre n’est vraiment pas contente et qu’elle fume de rage me va bien en fait. La ville n’est pas bien grande (ni jolie), mais c’est vraiment rigolo de voir ces émanations de vapeur absolument partout. En descendant du bus, en revanche, il faut bien avouer que l’odeur de soufre vient ternir le spectacle. Mais c’est comme tout : on s’habitue. Qui aurait cru que passer 3 jours dans des égouts (sur un plan olfactif) pouvait être une expérience sympa ? 

Après avoir pris mes quartiers dans un backpacker, pas cher et très bien, j’ai passé l’après-midi à travailler sur un papier (d’où le message précédent), et à continuer mes reviews. Puis je suis allée « vivre une expérience Maori ».

Rencontre avec les Maoris.

Parfois, on a des rêves comme ça, et on n’ose pas essayer de les réaliser parce que l’on a peur d’être déçu. L’expérience Maori était un de ces rêves pour moi… et je dois bien avouer que quand je suis arrivée sur place, je me suis dit que j’allais être déçue. Le programme qu’on m’avait vendu était : découverte de la culture Maori, repas traditionnel (Hangi) et promenade dans la forêt, après le repas, pour voir les vers luisants. J’imaginais un groupe de 15 personnes… une ambiance conviviale… Quand le minibus est venu nous chercher, je me suis dit que ça allait être de cet ordre (des représentants de 6 nations différentes dans un minibus, je ne vous raconte même pas l’ambiance). Puis nous sommes arrivés sur place. Et là…

Hum. Comment dire. En fait de village, il y avait une immense tente verte, et à l’intérieur, des tables dressées façon bal populaire… pour 200 personnes. Coupant la salle en deux : 4 buffets (pour l’instant vides), et au fond dans un coin, un vieux Maori jouant de la guitare au-dessus d’un mix joué depuis son tout nouveau MacBook Pro.  J’ai vu le moment ou j’allais partir en courant. Après tout, l’hôtel n’était pas si loin. Et puis, soudain…

Notre chauffeur de bus se trouvait aussi être le chauffeur de salle. Il a accueilli une par une les 23 nations différentes représentées dans la salle (et il sait dire bonjour, bienvenue, gâteau au chocolat, ver luisant, et plein d’autre choses en au moins 17 langues… incroyable). Il a réussi à faire disparaitre l’effet de foule, à organiser la salle en petit groupe, et à mettre la soirée en mouvement en deux coups de cuillères à pot. J’ai retrouvé l’ambiance conviviale à laquelle je m’attendais : nous n’étions plus que 8 et n’avions pas l’impression que les autres étaient encore là.  

Nous avons commencé par tout apprendre sur le Hangi, le plat traditionnel Maori, cuit pendant 4h sous le sol. Nous avons vu le « four » et contribué à faire la cuisine. Ensuite, nous sommes partis explorer le village caché dans la forêt à flanc de montagne. Au détour d’un chemin, se trouvait une petite rivière. Les hommes de la famille Maori à laquelle le village appartient sont arrivés en bateau, en chantant des chants de guerre traditionnels… Impressionnant. En tout cas, ça a imposé le silence parmi l’assistance (nous étions toujours 200, mais disséminés dans la forêt). Puis, en les suivant, nous nous sommes retrouvés assis devant « la place principale du village » et nous avons assisté à une véritable cérémonie d’accueil (avec Haka, danses traditionnelles, discours, échange des symboles de paix, discours de notre chef à nous – choisi au hasard dans les présents, chant de chez nous, touchage de nez, et tout et tout). Ensuite, nous avons eu le droit à une heure de cours et de démonstrations sur la culture Maori. Vraiment passionnant, bien fait, et pas carton-pâte ni stéréotype, comme j’en avais peur. J’en sais beaucoup plus sur les danses, les tatouages, les croyances, le  rôle des hommes et des femmes, les exercices, etc. Puis, nous sommes allés manger le Hangi. Miam. Miam miam miam. En fait, euh. Miam miam miam miam. C’était parfait (desserts mis à part – cela dit, vous connaissez mes goûts pour les desserts). Délicieux. A refaire.


Le village appartient à une famille Maori, et tous les membres de la famille (nombreuse) participent à son animation. Le vieux guitariste se trouve être le patriarche de cette grande famille, et la guitare est en fait un instrument qui fait partie intégrante de la culture Maori depuis plus d’un siècle (en revanche, je n’ai pas d’explication pour le Mac, mais lui aussi deviendra peut-être un élément de leur culture bientôt...). Tout le monde participait à l’organisation du repas et au service, et ils mangeaient avec nous, ce qui fait que nous avons pu leur poser plein de questions et mieux comprendre leur culture, mais surtout la façon dont ils vivent à la fois dans le respect des traditions et dans la vie moderne. Une perspective vraiment très intéressante. 

Après le repas, nous sommes repartis dans la forêt. J’étais dubitative sur l’intérêt d’aller voir les vers luisants. Et en effet. Ce sont, euh, des vers luisants quoi. En revanche, le reste de la balade valait vraiment le coup. Rien que le fait de se promener dans la forêt à la seule lumière de la lune était plaisant, mais en plus, nous avons eu le droit à un véritable cours de botanique sur les arbres et fougères de NZ. Nous avons aussi vu des Wetas en pagaille (beurk). Puis nous sommes arrivés aux vers luisants… Bof, me suis-je dit… Un cercle de vers luisants…. Joli mais euh, j’ai les mêmes à la maison… Mais ça, c’était jusqu’à ce que notre guide allume une lumière rasante. Nous étions autour d’un mini-lac qui est en fait la source d’eau la plus importante (i.e. celle qui a le plus gros débit) de toute l’île du nord. Mais le plus impressionnant, c’était le fond de la source : si clair, et parsemé de mini geysers… Un spectacle magnifique pour finir la soirée. Nous avons appris que l’eau servie au repas provenait de cette source… Hey, les cousines : l’eau de Saint Sorlin, elle est trop bien, mais l’eau de Mitai (prononcer mitaïe), y’en a pas d’autre qui lui arrive à la taille !
 
Bref, je ne regrette pas cette première expérience, loin de là (bon, c’est la deuxième en fait, car je suis aussi allée au musée d’Auckland le mois dernier, mais je ne vous ai pas encore raconté).  J’ai vraiment envie d’en apprendre plus sur les Maoris… et d’améliorer ma pratique de la langue. Je ne . saurais pas trop vous expliquer pourquoi, mais je me sens vraiment attirée par la culture et par les valeurs des Maoris… Y’a comme un lien

 Hobbiton

Le lendemain (vendredi), j’ai fait une chose que je ne pensais pas faire. Je suis allée à Hobbiton (le village des Hobbits made in NZ by Peter Jackson et l’armée Kiwi). Je ne pensais pas faire ça car : (1) je ne suis pas une immense fan (même si j’aime bien), (2) c’est relativement cher et (3) je tenais à peu près le même raisonnement que pour « l’expérience Maori », i.e. peur que ça fasse carton-pâte et que ce soit en dessous de mes attentes. Mais bon… j’étais dans le coin, et plusieurs personnes de confiance me l’avaient recommandé. Et encore une fois, ce fût une bonne surprise. 

J’ai commencé par un petit déjeuner très matinal dans un café sympathique du coin, puis j’ai sauté dans le bus direction Hobbiton. On était 4. Les liens se sont vite tissés. La route de Rotorua à Hobbiton est magnifique et le temps était splendide. Le chauffeur s’est même arrêté pour qu’on puisse prendre des photos. Sympa. 

Arrivés sur le site, nous étions pile poil entre deux gros groupes, ce qui fait que nous avons eu une guide pour 4. Le bonheur (les autres groupes étaient plutôt 40). Nous avons pu errer à notre guise dans le village, prendre des tonnes de photos (record à battre : 4300), boire plusieurs coups au Green Dragon, et poser autant de questions que l’on voulait. J’ai appris plein de choses sur le film, mais je pense que ça n’intéresserait que les fans, donc je ne vais pas polluer vos petits yeux avec ça. Vous ne voulez pas savoir combien de fausses feuilles ont été attachées à la main sur l’arbre qui pousse au-dessus de la maison de Bilbo, n’est-ce pas ? 

En revanche, ce qui était très intéressant (aussi), c’est l’histoire du choix du site et de son aménagement. En fait, le site appartient à une famille (Alexander) et est une des dernières « grosses » fermes de moutons de Nouvelle-Zélande. Eh oui, tout le monde croit que la Nouvelle-Zélande est le pays du mouton, mais ce n’est plus vrai. Les choses changent ! Il y a 10 ans, il y avait 22 moutons par habitant. Aujourd’hui, il n’y en a plus que 8. La raison ? Les fermes de moutons sont progressivement reconverties en fermes laitières. Bien que plus nocives en matière d’empreinte carbone (pas seulement à cause des émanations des vaches (qui vont donner lieu à la « fart tax », suivez mon regard), mais aussi à cause du matériel et des fertilisants nécessaires), les fermes de produits laitiers sont devenues plus populaires car les produits laitiers se vendent apparemment mieux en Chine que la laine de Merino. Too bad, if you ask me. En tout cas, les Alexander, ils possèdent de belles terres, croyez-moi… et ils ont bien raison de continuer à élever des moutons (et des touristes), parce que moi, j’en ai assez de voir des vaches. Je me crois à la maison.

Autre fait intéressant : la majorité des travaux nécessaires à l’aménagement du site (construction de 2km de route, assainissement d’un étang pour en faire « le lieu de la fête », etc.) a été réalisée par l’armée Néo-Zélandaise… qui n’avait visiblement rien de mieux à faire. C’est beau un pays qui a si peu de problèmes tout de même.

J’ai appris plein d’autres choses, mais je suis sure que vous en avez déjà assez de lire tout ça, alors je vais passer à la suite. Après-midi et soirée studieuse, le tout entrecoupé d’une balade au bord du lac, histoire de…

Whakarewarewa.

Aujourd’hui (samedi), je suis allée visiter un village thermal. J’étais partie pour aller dans un village qui s’appelle Te Puia (qui avait au moins le mérite d’avoir un nom prononçable), mais au dernier moment, une amie (qui se reconnaitra) m’a conseillé d’aller en voir un autre, me disant que Te Puia était trop artificiel. J’hésitais, car Te Puia se targue d’offrir un accès à un Geyser mondialement connu. Mais bon, j’ai suivi les conseils de mon amie. Quelle bonne idée ! Merci C*. 

Je suis donc allée à Whakarewarewa, (et je sais même en prononcer le nom maintenant) et c’était effectivement une super expérience. 


Après un petit-déjeuner studieux dans mon nouveau restaurant préféré, j’ai marché sous la pluie jusqu’au village (5km). En arrivant, comme par magie, la pluie s’est arrêtée. Le village est assez grand, et comme le dit la pub, c’est un « living village ». Il est effectivement habité par des familles Maori qui vivent majoritairement de l’énergie géothermique et des produits dérivés (eau de source, boue utilisée pour les produits de beauté). J’ai commencé par faire un petit tour par moi-même, à la recherche des bassins de boue frémissante. Trop drôle. Puis j’ai rejoint le groupe pour la visite guidée. 

Pour la visite aussi j’hésitais, mais j’ai bien fait. La guide était formidable et nous a appris la prononciation Maori, ainsi que plein plein plein plein de choses sur la culture et les traditions. Savez-vous que les Maoris n’utilisent que 14 lettres, dont les 5 voyelles ? Moi je comprends mieux pourquoi j’ai l’impression que tous les mots se ressemblent.  Le clou du spectacle : une vue spectaculaire du Geyser de Te Puia, qui s’est mis en activité pile poil au moment où nous sommes arrivés (il est actif environ toutes les deux heures).


La guide a bien insisté sur le fait que Te Puia était un village entièrement artificiel (personne n’y vit), fait pour les touristes, et sous l’égide du gouvernement (ce qui ne semblait pas lui plaire). Elle a ajouté que de là-bas, on ne voit pas qu’il y a en fait deux geyser, et qu’en plus, la seule façon de les voir, c’est de se mouiller… Alors que nous, nous étions au sec.


La visite s’achevait par un spectacle Maori, mais à côté de la performance du premier soir, c’était… moins bien. Cela dit, c’est intéressant de revoir les mêmes choses, mais en comprenant ce qui se passe. Je n’arrive pas à décider ce qui était le plus captivant dans ce village : les paysages à couper le souffle, le fait de voir un sculpteur de greenstone en action, le côté scientifique de la géothermie, le sentiment de « terre qui gronde » permanent, ou le fait d’en apprendre autant en si peu de temps sur les Maoris. En tout cas, c’est une expérience que je recommande fortement.


Bien. Pour finir ce roman, trois commentaires d’ordre général.


1. C’est bon, je crois que je suis prête à partir en vacances. L’entrainement s’est bien passé. Pas de muscle froissé, pas d’accident… Go. Et vous ? Vous êtes prêts à lire toutes les bêtises que je vais (peut-être) vous raconter pendant 15 jours ? 



2. Habituellement, je ne suis pas super enthousiaste à l’idée de faire des attractions pour touristes (visites guidées, spectacles culturels, etc.). Je trouve toujours que c’est surfait, que les décors font carton-pâte, que le contenu est décevant. Ici, c’est exactement le contraire, et je me suis demandé pourquoi. Je pense que la raison est simple : les gens ici, qu’ils soient Kiwi ou Maori, sont vraiment déterminés à tout faire pour que les gens soient vraiment contents (je vous ai déjà parlé de l’hospitalité, de l’amabilité et de la gentillesse des gens ici n’est-ce pas ?). Du coup, tout est simple : les gens sont gentils, simples, serviables, etc. Personne ne s’ennuie avec des règles de sécurité excessives ou des interdictions inutiles… Et en plus, tout est super bien organisé (quand on sait ou trouver l’info). Simple et naturel, pas surfait… on ne se croit pas à Disney Land. C’est une recette qui fonctionne ! Quant aux Maoris, ils ont à la fois cette volonté de faire découvrir et partager leur culture, et cette conscience du présent, de l’évolution de la société, etc. Quand ils présentent leurs traditions, ils le font avec un regard actuel (et beaucoup beaucoup d’humour) : ils savent mettre en avant leurs traditions et leurs valeurs tout en faisant prendre conscience au public de la façon dont ils vivent aujourd’hui, et je trouve ça beaucoup plus sain. J’aime bien être touriste pour une fois.


3. Je me demande si vous voulez voir les photos…


P.S : En réponse à Annie. Le papier est soumis à une conférence aux Etats-Unis ou je vais en Juillet. Il a été écrit principalement par un doctorant d’ici, mais comporte trois noms : lui, mon hôte à l’université d’Auckland, et moi. Il porte sur un système interactif de visualisation des traces d’un jeu vidéo qui s’appelle StarCraft (sur lequel je me suis fait les dents à 14 ans), et concrétise une bonne partie de la collaboration que nous avons eue. En pratique, ce n’est pas le premier résultat de cette collaboration, mais c’est le premier qui est « soumis »… et il y a encore pas mal de choses dans les tuyaux, y compris pour après mon départ.

Commentaires

  1. Pour une tranche de lecture, c'était une belle tranche! Dommage que ça soit en blanc sur fond noir, ça fait mal aux vieux yeux à la fin. C'est bien de s'intéresser aux cultures exotiques, mais ne nous reviens pas avec des tatouages sur le nez! Bien que je trouve les tatouages maoris très jolis, je pense qu'ils vont mieux aux Maoris qu'aux Lyonnaises!

    Regarding les photos, où sont-elles? Le village? les geyser, les hakas? la source?

    Bises, ou plutôt nez-à-nez

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  2. ben voui qu'on veut voir les photos nous aussi
    bises de tes vieux parents

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  3. Moi j'veux savoir ce que tu as appris sur le film !^^
    T'as rencontré Bilbo ??
    Toujours aussi bon de te lire et en plus on voyage gratos :-)
    Ne change rien et continue de nous faire rêver !!

    LN

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  4. Ce n'est pas une tranche, mais le rôti tout entier. Vraiment super.
    Ils embauchent dans ton pays de rêves ? 14 lettres? avec ça on fait moins de fotes. M.

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  5. "J’y pense à chaque fois que j’attends 10mn que mes réunions skype avec la France démarrent."

    non mais ??? on te fait attendre 10 min nous ??? lol
    MG

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