Day 11 – 13 avril – Napier – Palmerston North

Photos : Jour 11 - Napier - Otane - Palmerston North



Napier est une ville qui a une histoire absolument passionnante. C’est une ville qui était mal située : coincée au milieu d’éléments naturels (une baie insalubre qui servait de port, des collines, une rivière et l’océan), elle ne pouvait pas s’étendre. Mais, le 3 février 1931, le jour de la rentrée, un tremblement de terre extrêmement violent a entièrement détruit la ville, mais l’a aussi « surélevée » de plus de 2 mètres, ce qui a eu pour effet de faire disparaître la baie insalubre, mais aussi d’ouvrir les possibilités d’expansion de la ville en multipliant la surface constructible par 10 !

Le tremblement de terre a détruit la plupart des habitations et les incendies qui ont suivi, pendant 4 jours, se sont chargés de ravager ce qui avait survécu. La ville était presque totalement coupée de l’extérieur. Le seul point de communication était la radio de l’HMS Veronica (tu vois Véro, cette ville est vraiment liée à toi ;)), un navire militaire qui était à quai dans le port de Napier, et qui s’est retrouvé « planté sur un banc de sable » en moins de 4 minutes, toute l’eau du port s’étant retirée.

Les habitants auraient pu fuir et aller reconstruire leur vie ailleurs, mais les Kiwis ne sont pas comme ça. En deux mois, avec l’aide des militaires du HMS Veronica, ils ont entièrement nettoyé la ville, sauvé tout ce qui pouvait l’être (Hommes, biens et matériaux), et construit un camp temporaire pour tous les survivants. Le camp a hébergé le premier « mall » (centre commercial avant l’heure) de NZ. En trois ans, ils ont entièrement reconstruit la ville, en empruntant de l’argent au gouvernement. Le résultat : une ville entière à la pointe de la modernité de l’époque, avec tous les câbles d’électricité et de télécommunications enterrés, des rues larges et lumineuses, des infrastructures modernes, une magnifique promenade au bord de la mer, et surtout, tous les bâtiments dans un style Art Déco chatoyant.

Dans les années 80, les bâtiments commençaient à vieillir et les gens s’apprêtaient à moderniser la ville, mais le maire de l’époque a pris conscience du fait que Napier possédait un patrimoine unique, et à tout fait pour le protéger. Les bâtiments ont été restaurés et toutes les nouvelles constructions en centre-ville doivent désormais respecter le style art-déco. Depuis, toute la ville participe à cet état d’esprit. Les rues sont fréquentées par des voitures des années 30, en parfait état de marche. Certains habitants s’habillent quotidiennement en tenue des années 30, et les magasins vendent eux aussi des produits qui sont certainement d’époque ! Enfin, tous les ans, la ville organise la semaine Art Déco, et les passionnés viennent du monde entier pour savourer, pendant une semaine, la vie des années 30. 

Le matin, je suis allée savourer mon petit déjeuner dans un des plus beaux cafés de la ville. Ensuite, j’ai suivi le guided-walk de Napier, ou j’ai appris à peu près tout ce que je viens de vous raconter. C’était vraiment passionnant, et le guide était visiblement amoureux de sa ville et nous faisait partager sa passion avec enthousiasme. Nous avons vu tous les styles art-déco de la ville : Maya, Spanish mission, et même Maori !  Vous saviez que ça existait vous, l’art déco Maori ? Ensuite, j’ai profité de la balade le long de la plage, sur la magnifique Marine Parade, puis j’ai repris la route direction Palmerston North. Je ne vous raconte pas tout de suite pourquoi j’ai choisi cette destination.

Pas grand-chose à signaler. La route n’est pas passionnante et en plus il pleut. En manque de caféine, je m’arrête dans un tout petit patelin nommé Otane pour prendre un café. Pour être honnête, je pense qu’il n’y a rien d’autre à Otane que le café (magnifique) dans lequel je me suis arrêtée. J’en profite pour réserver mon hébergement du soir. Une fois n’est pas coutume, je suis l’avis du Lonely Planet et je réserve un B&B appelé « Plum Tree Lodge » (sans savoir que c’était un B&B… je pensais que c’était un motel d’après la classification du Lonely Planet).

Je reprends la route (pour la seule et unique fois, à l’envers… heureusement qu’Otane est une ville déserte). J’arrive à Parlmerston North (à l’endroit) sous une plus battante. Je cherche mon hébergement au pif, comme d’hab, mais avec une difficulté supplémentaire. Je suis persuadée d’avoir réservé un hôtel, et me voilà en train d’errer au milieu d’un quartier résidentiel. Pour la première fois aussi, j’ai cédé, et activé le GPS du téléphone. Le temps qu’il trouve le signal, je me suis rendue compte que j’étais garée devant la porte du B&B. 

Je suis accueille par une dame charmante. Le B&B est situé à l’arrière du jardin, dans une maison indépendante (aménagée au-dessus du garage). Le lieu est magnifique. On dirait le gite de mes parents : tout en bois (uniquement des matériaux de récupération), sous les toits, avec une ambiance super chaleureuse. Mon petit déjeuner du lendemain est déjà dans le frigo, mais il y a tellement à manger que ça me fera aussi office de diner ! Maman, j’ai gardé plein d’idées pour toi : il y avait mon nom sur l’ardoise sur la porte (« Bienvenue Amélie » écrit en français !!!), et dans le gite, il y a une bibliothèque de livres « en voyage » : tu peux prendre ceux que tu veux, et laisser tes livres à toi !)… Super super adresse. 

Il pleuvait tellement que je n’ai pas eu envie de ressortir. J’ai donc profité de ma fin de journée pour dévaliser le frigo en rattrapant mon retard dans la lecture du Lonely Planet prêté par un de mes amis Kiwi. Au début des vacances, je lisais le Lonely Planet le matin au petit déj, et je faisais la liste des choses que je voulais faire dans la journée. J’ai vite compris que c’était une source de frustration intense… Parce qu’il ne faut pas des journées, mais des semaines, pour faire toutes les choses merveilleuses dont il est question dans ce petit bouquin. Maintenant, je lis le Lonely Planet après… pour faire la liste des choses que j’ai ratées !

Par exemple, j’ai appris que j’aurai dû y réfléchir à deux fois avant de décider de ne pas faire toute la route jusqu’à East Cape. D’après le Lonely Planet, c’est probablement là que j’aurais eu le plus de chances de faires d’authentiques rencontres Maori. Oh well. J’ai un bon ami qui m’a dit un jour « Ecrire, c’est renoncer ». Bah, voyager, c’est pire !


Ce soir-là, j’ai aussi réalisé que j’écris et je décris souvent les choses « à la façon du Lonely Planet »… Vous croyez que j’ai une chance de trouver un boulot chez eux ? Quelqu’un a ses entrées ?

Commentaires

  1. Je profite de ce dernier article pour signaler qu'une grand-mère paternelle de l'auteur me disait hier se délecter de la lecture de ce blog et en attendre les nouveautés avec impatience. Je le dis ici à sa place car elle ne manie pas forcément très bien l'art des "commentaires sur blog". Je ne répéterai pas ses louanges pour ne pas que certaines chevilles gonflent exagérément.

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