Day 13 – 15 avril – New Plymouth – National Park Village
Photos : Jour 13 - New Plymouth - National Park Village
Quitte ou double.
J’ai envie de faire le « Tongariro Crossing » : la randonnée d’une journée la plus célèbre de NZ. Deux
problèmes : c’est fortement dépendant des conditions météorologiques et il
faut y aller. Faire de la route, ce n’est pas un problème, mais bon, s’il n’est
pas possible de faire la randonnée au bout, c’est un peu faire un aller-retour
« pour rien ». Décision difficile.
Alors, le matin, je regarde les prévisions météo pour le
lendemain, et comme il y a une chance sur deux, je me décide à y aller… par le
chemin des écoliers. En effet, entre New Plymouth et National Park Village (le
camp de base pour le crossing), il existe plusieurs routes. J’ai choisi de
prendre celle qui s’appelle « Forgotten Highway ». 190km de route
sans voitures, (presque) sans villages, sans habitations, sans station essence,
et parfois, sans route. C’était magique ! Des paysages à couper le souffle
à chaque virage (et il y en a beaucoup), et des vues impressionnantes sur le
mont Taranaki d’un côté et sur le mont Tongariro
et ses deux frères de l’autre.
J’ai fait la route
avec un suédois (on se suivait, on s’arrêtait aux mêmes endroits), et je pense
que ni lui ni moi n’avons vu qui que ce soit d’autre pendant la journée (sauf
au déjeuner).
Le seul village sur
la route s’appelle Whangamomona et a la particularité intéressante de se
présenter comme une république (réfléchissez, on est en NZ… ce n’est pas une
république). En effet, il y a quelques années, les habitants de la région
étaient en forte opposition avec le pouvoir (pour des histoires d’impôts, comme
on pourrait s’y attendre).Ils se sont donc auto-proclamés république, ont édité
leurs propres lois et même leur propre passeport. Maintenant, c’est une
attraction touristique : on peut acheter son passeport de la république de
Whangamomona et même demander à rencontrer le président. L’autre particularité
intéressante de ce village, c’est qu’il dispose du seul hôtel / restaurant /
café de la route, et que donc, c’est là qu’il faut s’arrêter pour déjeuner. Pas
le choix. Si vous le cherchez, il s’appelle le « Whangamomona Hotel ».
On fait dans l’originalité par ici.
Le reste de la route
est aussi magnifique que le début, bien que beaucoup plus montagneux et
beaucoup plus dangereux du fait du nombre croissant d’animaux (vaches, moutons,
chiens, chevaux, chèvres, lamas) en liberté sur la route. J’ai failli tuer un
agneau (pourtant, je n’allais vraiment pas vite : j’ai mis 7h pour faire
190km).
J’ai mis quelques
photos dans l’album. Malheureusement, je pense que les photos n’arriveront
jamais à retranscrire le charme et la beauté de cette route. En en discutant avec mon ami suédois, j’ai
réalisé que tout le charme de la NZ ne réside pas dans les paysages à couper le
souffle, mais dans le défilement de ces paysages. Dans le fait que, à certains
endroits en regardant à droite, à gauche, devant et derrière, on voit 4
paysages radicalement différents… Dans les jeux de lumières… Bref, dans tout ce
que l’on ne peut pas capturer dans une photo sans passer pour un tricheur.
Arrivée à National
Park Village, j’ai compris que je ne ferai pas le crossing. Le temps est
horrible, beaucoup de vent, des nuages menaçants et un tonnerre de tous les
diables. Un local me dit que la météo peut changer d’une minute à l’autre et
que, peut-être, demain sera une belle journée. Il avait raison sur la belle
journée, mais je n’ai malheureusement pas pu faire le crossing car la zone a
été déclarée à risque (éruption). Effectivement, j’ai appris plus tard qu’il y
avait eu une mini-éruption ce jour-là, qui a endommagé une partie du chemin.
Le backpackers de
National Park Village est agréable : ambiance chalet de montagne, couloirs
frigorifiques et chambres surchauffées, cuisine façon cantine scolaire et odeur
omniprésente de chaussures de ski / rando. Franchement, la seule chose qui
manquait, c’était une bonne raclette. Au milieu du chalet se trouvait un grand
gymnase, point de passage obligatoire pour accéder aux chambres, dont les murs
sont des murs d’escalade. Autant dire que j’ai eu des pensées émues pour
certains d’entre vous et que je me suis appliquée à prendre des photos.
Sur le mur du
backpacker, il y avait un tout petit panneau « café 800m ». Je m’y
suis rendue en m’attendant à trouver un café traditionnel : café, muffins,
sandwichs, scones. Je suis arrivée à la gare, qui est en fait transformée en
« café ». Je suis rentrée… J’étais en fait dans un restaurant
gastronomique, nappés blanches, couverts en argent, rideaux drapés vert, bref…
le grand luxe… mais à des prix tout à fait abordables. Le café était vide. Je
n’ai pas osé faire demi-tour, et me suis donc offert mon meilleur diner de
NZ : un pavé de bœuf sur un lit de légume cuit, préparé et présenté avec
un raffinement incroyable. Je venais de commander quand le suédois est arrivé.
Comme nous étions les deux seuls clients du restaurant, nous nous sommes dit
que c’était dommage de salir deux tables. La serveuse était Argentine. Elle
s’ennuyait un peu. Nous avons ajouté une troisième chaise. Quelle soirée !
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