Day 4 – 6 avril – Cape Reinga
J’ai un ami ici (genre vacances à la plage, bière, chips),
qui m’avait dit : « ne vas pas dans le nord, c’est beaucoup d’heures
de route pour pas grand-chose. Quelle erreur ça aurait été de suivre son
conseil. Jusqu’ici, j’avais trouvé mon voyage dans le nord absolument génial,
mais en comparaison avec ce que je vais vous raconter, ce n’était rien :)
Mon objectif de la journée, c’est de visiter la pointe nord
de la NZ.
J’avais entendu parler de 90 Miles Beach, une plage (de 90
km en fait, pas miles), sur laquelle on peut conduire. Mais avec ma voiture de
location au moteur de tondeuse à gazon, ça ne me paraissait pas bien
raisonnable. J’ai donc opté pour un tour en car, me laissant guider par la
charmante propriétaire du Backpackers. Alàlà… j’ai des bonnes idées parfois !
Enfin… ce n’est pas ce que je me suis dit en arrivant, à 8h du matin, au fin
fond d’une zone industrielle, et en rentrant dans le préfabriqué qui sert,
depuis au moins 30 ans, de bureau à la compagnie Harrison. Le bus, à peu près
aussi vieux que le préfa, avant encore au moins… la moitié de ses pièces d’origine.
Bon, la patronne est sympa, j’y vais quand même. Le
chauffeur / guide est excellent. Il est à la retraite, travaille à temps
partiel et aime ce qu’il fait. Et ça se voit. Il a été excellent chauffeur,
excellent guide, et excellent humoriste toute la journée.
Premier arrêt : le paradis du Kauri. Je ne m’éternise
pas, je vous parlerai des Kauris plus tard. Fait marquant du lieu : un escalier géant creusé dans un
tronc de Kauri permet de monter à l’étage à l’intérieur du bâtiment. Je pense
qu’on n’est pas loin des dimensions du chêne d’Alouville.
On reprend la route, jusqu’au deuxième stop : le
glacier (des glaces qui se mangent) du seul village que l’on a croisé de la
journée. Sur la route, je m’étonne du changement de paysage par rapport à tout
ce que j’ai vu jusqu’ici : beaucoup plus plat, végétation plus basse,
ambiance parfois « marécageuse ». On roule vers le nord, en suivant
la route de la côte Est. Le chauffeur nous explique tout sur la végétation, la
géologie, et les Kauris. On doit s’arrêter un moment car des chevaux sauvages
refusent de libérer la route.
Troisième stop, une plage de sable blanc à Great Exhibition
Bay. Le sable est tellement blanc qu’il ne chauffe jamais. Impressionnant. On s’arrête
également un peu plus loin pour constater qu’il n’y a qu’à se baisser pour
manger des crustacés ici. Certains sont même venus avec leur doggy bag… si si !
Il est l’heure de
manger… On s’arrête dans une autre baie, un peu plus loin toujours sur la côte
Est. Le chauffeur est également cuisinier et installe le piquenique en deux
temps trois mouvements… Je m’en vais explorer les chemins escarpés pour faire
des photos.
On reprend la route, toujours vers le nord, et là, le
paysage change complètement, les montagnes font leur retour, et la route
serpente sur la crête… On sent les deux côtes qui se rapprochent… C’est
absolument magnifique.
On arrive enfin à Cape Reinga… et là, c’est le paradis. Cape
Reinga n’est pas le point le plus au Nord de la NZ. Ce privilège appartient au
Mont de Surville (le stupide français qui a vu la NZ à peu près en même temps
que Cook, mais qui n’a pas jugé bon de s’arrêter). Mais Cape Reinga, c’est un
lieu symbolique. C’est l’endroit où la mer de Tasmanie rencontre l’océan
Pacifique (et c’est visible… regardez les photos ! C’est la première fois
de ma vie que je vois des vagues aller dans deux directions opposées !!!).
C’est aussi un lieu symbolique dans la culture Maori : c’est de cet
endroit que tous les esprits des morts s’envolent vers l’autre monde.
Être là-bas donne le sentiment d’être au bout du monde… C’est
indescriptible… Juste merveilleux ! J’étais vraiment heureuse d’être là !
On remonte dans le bus, et c’est parti pour la section « fun »
de la journée. On prend la route de l’ouest cette fois, c’est-à dire côté mer
de Tasmanie. A un moment, le chauffeur nous annonce qu’on va rouler dans un « petit
cours d’eau », et donc qu’il doit prendre de la vitesse pour ne pas perdre
le contrôle du bus. Bah voyons. On roule dans le petit cours d’eau pendant une
bonne dizaine de minutes, puis on arrive à des dunes géantes. On s’arrête, on
sort les luges, et c’est parti ! Si ce n’était pas si fatiguant de
remonter à chaque fois, ce serait encore plus marrant !
Il est temps de rentrer. On reprend le petit cours d’eau
puis on arrive sur 90 Miles Beach. Ah ah ah ! C’est trop drôle. Le
chauffeur nous annonce qu’on ne peut pas trop trainer à cause de la marée. On
doit arriver à l’autre bout (90km plus loin) avant la marée, sinon, on doit
faire demi-tour. Bon, c’est parti. Même topo que pour le cours d’eau : il
faut prendre de la vitesse pour ne pas avoir de problème dans les endroits trop
mous… Alors on se cale sur 110km/h et c’est parti. C’est vraiment excellent de
rouler « les pieds dans l’eau comme ça ». On s’arrête quand même à
mi-chemin pour admirer le « hole in the rock » du coin, et ramasser
des fruits de mer pour le diner, et on repart.
C’était une journée formidable. De retour au Backpacker, je
file sur la plage pour admirer de nouveau le coucher de soleil. Après diner,
avec les gens qui sont là, on va fêter l’anniversaire de Fransesco sur la plage…
On reste jusqu’à 3h du matin pour regarder les étoiles : pas une lumière à
l’horizon, pas une ville à moins de 150km… J’avais rarement vu un ciel pareil
(bon, puis faut dire que ce ne sont pas les étoiles de d’habitude !).
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