Day 3 – 5 avril – Paihia to Ahipara
Journée chargée.
On m’avait dit que dans Bay of Island, on ne voit rien de la
terre, qu’il faut prendre un bateau. Moi je trouvais que, même avec le temps
gris, les vues de la terre ferme étaient agréables, mais bon, confiante en la
parole des locaux, j’avais réservé un tour en bateau. Effectivement, il
n’aurait pas fallu rater ça. Les photos parlent d’elles-mêmes, mais si vous
voulez le texte qui va avec, le voici.
Nous avons commencé par aller voir les dauphins. J’ai appris
plein de choses sur leur vie. Les courageux se sont jetés à l’eau pour nager
avec eux, mais les dauphins, joueurs, sont partis. J’ai bien fait de ne pas y
aller J.
Ensuite, nous avons exploré la baie. Bay of Island n’a pas volé son nom. Il y
en a plus de 150 (dont des ridiculement petites). Il y a fort longtemps, j’ai
lu que la NZ avait 19000km de côtes, soit la distance Auckland-Paris. Je
n’arrivais pas à y croire jusque-là, mais au milieu de la baie, en voyant
toutes ces îles, je me suis dit que finalement, si elles comptent toutes, ça
s’explique.
La guide sur le bateau (une Maori) était formidable. Elle
nous a appris de tas de choses sur la baie (et sur les dauphins) sans pour
autant être casse-pieds. Géologie, histoire Maori, histoire Britannique,
anecdotes sur le passé et le présent… bref… Je pourrais en écrire des pages.
Deuxième temps fort du voyage : hole in the rock.
Ouais. Bon. On a les mêmes à Etretat, pas de quoi facturer 95$ pour ça. Oui,
sauf que… On passe dedans en bateau et
c’est du sport. Il y a un vent pas possible et des courants forts, ce qui fait
rapidement monter l’adrénaline. Le capitaine du bateau a essayé 4 fois avant
d’abandonner… Puis des dauphins sont arrivés, on les a observés, le vent s’est
calmé, et sans qu’on s’en rende compte, le capitaine est rentré dans le trou.
Impressionnant. Et la couleur de l’eau ! Je n’avais jamais vu un bleu
aussi profond.
Sur le chemin du retour, nous avons eu le droit à un cours
d’histoire sur les Pa (fortifications) Maori de la baie, et sur Russell. Mais
comme j’avais visité la veille, je me suis sentie un peu moins bête que
d’habitude.
Descendue du bateau, ni une ni deux, je retourne chercher la
voiture, et je pars à Waitangi, de l’autre côté du pont (à moins de 4km).
Waitangi est le lieu de la signature du traité entre les
Maoris et les britanniques. Un lieu historique. Un must do selon les locaux. Effectivement,
encore une fois, c’est un coup gagnant. L’entrée du complexe fait un peu
« trop moderne » et ne laisse rien imaginer de l’intérieur. J’arrive
pile poil pour la visite guidée, donc je traverse la première partie du lieu à
toutes jambes et sans trop regarder ce qui m’entoure. Le guide, toujours un
Maori, est génial. Il commence par nous montrer un Waka (canoé de guerre façon
Maori) le plus grand qui soit si j’ai bien compris. Il peut contenir jusqu’à
150 personnes. Il paraît que la reine d’Angleterre a fait un petit tour de la
baie dedans, et que suite à ça, elle a demandé à prefixer le nom du Waka de
« HMS ». J’en reviens pas… C’est ridicule. Cela dit, si les Anglais
ont besoin de se battre dans le Pacifique un jour, au moins, ils ont un bateau
sur place.
Ensuite, le guide nous a conduits au lieu du traité. Et là, l’histoire est omniprésente. C’est incroyable comme
une pelouse toute plate et avec quasiment rien dessus (deux maisons, 3 drapeaux,
c’est tout), peut respirer l’histoire à un tel point. Le guide parle pendant 40
minutes qui me paraissent 5, et j’apprends pourquoi la NZ a deux drapeaux, qui
était James Busby, quelles ont été les étapes principales de la colonisation,
etc.
Je ne vous refais pas l’histoire car
ce serait ennuyeux (et puis, il faut venir voir vous-mêmes, ça vaut vraiment le
coup), mais je vais quand même vous raconter une anecdote. Busby était l’un des tout premiers habitants
britanniques. Il a installé sa maison sur la plaine de Waitangi. Le problème,
c’est qu’à l’époque, il n’y avait ni bois ni charpentier… Il a donc fait
fabriquer sa maison en Australie, puis l’a fait importer en Kit. On lui a livré
les planches et un plan façon Ikéa, et il s’est débrouillé. A priori, il a fait
du bon boulot vu que ça maison est toujours debout (c’est la 4ème
plus vieille maison de NZ… Allez, je vous mets au défi de trouver la 4ème
plus vieille maison de France). Je visite ensuite la maison commune des Maoris
qui « appartient à tous » et qui est donc très intéressante (plein de
styles de gravures et de décorations différents, facile à comparer. Le guide continue à nous passionner.
J’apprends comment s’est passé la rédaction et la signature du traité, et quelles
sont les conséquences de la « divergence » entre les deux versions
sur le passé et sur le quotidien des Maoris. J’apprends aussi que je ne
connaitrai qu’une partie de la vérité sur l’histoire des différentes batailles,
car, pour un Maori, il est impoli de parler des batailles des autres tribus
Maoris.
Je zappe la performance culturelle (je commence à connaître)
et j’explore le domaine toute seule. Je découvre plein d’espèces végétales
nouvelles pour moi. Je retourne voir le canoë de guerre, et là, j’assiste en
direct à une cérémonie d’accueil Maori. Impressionnant : 3 Maoris arrivent
à faire taire un groupe de 70 adolescents… Respect. Ensuite, en retournant vers
e musée, je réalise que je n’avais pas vu la gigantesque promenade à faire dans
le bush, autour du musée. Je me lance sur le petit chemin.
Je croise des Fantails
et des Tui et je m’en donne à cœur joie avec les photos et les vidéos. Je finis
par le commencement, à savoir le tour du musée, puis je reprends la route…. Un
sacré morceau à faire aujourd’hui.
Je roule longtemps par un temps gris. Je m’arrête à Kerikeri
ou je visite la « plus vieille maison en pierre de NZ ». Bon… C’est
une maison. En revanche, ce qui est intéressant, c’est que mon hypothèse comme
quoi, sur les parkings de NZ, il y a toujours des poules, tend à se confirmer.
Je finis la route sous la pluie, en compagnie d’une excellente station de radio
Jazz et musique alternative, que je ne retrouverai, malheureusement, jamais.
Il est temps de passer de la côte est à la côte ouest…
J’arrive enfin à Ahipara (j’ai choisi de m’arrêter là parce que je trouvais que
le nom s’y prêtait… allez, on cherche…). Je savais que le Backpacker était au
bord de la mer. Je longe donc la route… à un virage, la route continue vers les
terres, et un chemin de terre suit la mer. Pouf pouf. Le chemin de terre.
J’arrive au Backpackers. Magnifique. C’est la plus vieille
maison en Kauri de Ahipara, l’ambiance est géniale, l’intérieur est splendide
(cuisine en bois massif, terrasse sous l’ombre d’une vigne, tout le confort
moderne, et tout le matériel pour passer de bonnes vacances gratuit). Ma chambre
a vue sur mer. Je décide immédiatement de rester une nuit de plus.
Ahi para: arrête-toi là-bas en castellano?
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